Affaire Vertières : La ministre Niola Lynn Sarah Dévalis Octavius choisit le contre-rapport plutôt que la justice
Mise à l’index par l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC) pour la gestion controversée de dix millions de gourdes destinées aux commémorations de Vertières, la ministre des Sports, Niola Lynn Sarah Dévalis Octavius, tente de se justifier par un contre-rapport rédigé par son propre cabinet. Un choix qui pose de sérieuses questions sur la conception même de la responsabilité publique en Haïti.
Un geste de « transparence » qui ressemble à une fuite en avant
Plutôt que de répondre devant la justice, la ministre a préféré livrer sa version des faits à travers un document interne, présenté comme un acte de transparence. Or, la transparence ne consiste pas à se blanchir dans un rapport interne. Elle exige des comptes, des preuves et surtout une audition devant les institutions compétentes. Ce faisant, Niola Dévalis Octavius a transformé une affaire juridique en un exercice de communication politique.
Une manœuvre politique, pas un acte de responsabilisation
Ce contre-rapport n’a pas pour but de faire éclater la vérité, mais de la reformater. C’est une stratégie classique dans un système où l’apparence remplace la responsabilité. La ministre tente de s’ériger en juge de sa propre conduite, comme si la justice n’était qu’un décor. Pourtant, l’ULCC a été claire : la justice doit être saisie. En refusant de le faire, la ministre envoie un signal dangereux, celui d’un pouvoir qui ne reconnaît plus aucune limite légale ou morale.
Vertières souillées par l’impunité
Au-delà du scandale administratif, c’est la mémoire même de Vertières qui est souillée. Ces dix millions de gourdes auraient dû servir à célébrer la bravoure, pas à alimenter la suspicion. En détournant le sens de cette commémoration, la ministre tourne le dos à l’esprit de responsabilité et de sacrifice qui a présidé à la victoire de 1803. La symbolique est forte : l’héroïsme d’hier s’oppose à la désinvolture d’aujourd’hui.
Une République qui confond justification et justice
Haïti a besoin de comptes à rendre, pas de contre-rapports. Tant que les hommes politiques pourront s’expliquer à leur manière, publier leurs propres conclusions et se soustraire à la loi, l’impunité restera la règle. Dans un État affaibli, où les institutions sont minées par la peur ou la complaisance, ce genre de pratique ne fait que creuser le fossé entre le peuple et ses dirigeants.
En préférant le contre-rapport à la justice, Niola Lynn Sarah Dévalis Octavius a commis une erreur politique majeure. Cette démarche ne renforce pas sa crédibilité, elle l’érode. La véritable transparence ne se proclame pas, elle se démontre, devant la loi, les faits et les citoyens. En refusant de le faire, la ministre offre l’image d’un pouvoir qui s’explique, mais qui ne répond jamais. Et c’est bien là que réside la tragédie haïtienne : beaucoup parlent de transparence, mais très peu la pratiquent.
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