Bilan contesté à la DINEPA : des avancées annoncées, mais des résultats jugés insuffisants
La présentation du bilan de la première année de gestion de Théophil Ostinvil à la tête de la Direction Nationale de l’Eau Potable et de l’Assainissement (DINEPA) suscite des réactions mitigées. Si l’institution met en avant la réalisation de 28 chantiers et plusieurs projets d’infrastructures, certains observateurs estiment que ces annonces peinent à refléter la réalité vécue par de nombreuses communautés en Haïti.
Des chiffres qui interrogent
Les responsables de la DINEPA soulignent des progrès dans la réhabilitation de réseaux et l’amélioration de l’accès à l’eau potable. Toutefois, des organisations de la société civile et des habitants de plusieurs zones concernées affirment que l’accès régulier à l’eau demeure un défi quotidien, marqué par des pénuries fréquentes, des infrastructures inachevées ou mal entretenues, et une distribution jugée inégale.
Pour ces acteurs, le nombre de chantiers annoncés ne suffit pas à mesurer l’impact réel des interventions sur la qualité de vie de la population.
Un décalage entre annonces et réalité du terrain
Dans plusieurs régions, des citoyens dénoncent la lenteur des travaux, le manque de suivi technique et l’absence de mécanismes de maintenance durables. Certains projets présentés comme achevés fonctionneraient de manière intermittente, faute de ressources ou d’accompagnement institutionnel.
Des spécialistes du secteur rappellent que l’accès à l’eau potable ne se limite pas à la construction d’ouvrages, mais exige une planification à long terme, une gestion transparente et des investissements constants dans l’entretien des systèmes existants.
La question de la transparence soulevée
Au-delà des réalisations techniques, des voix s’élèvent pour réclamer davantage de transparence dans la gestion des fonds alloués au secteur de l’eau et de l’assainissement. Elles appellent à la publication de données détaillées sur les coûts, les délais d’exécution et l’évaluation indépendante des projets.
Selon ces critiques, une meilleure reddition de comptes permettrait de renforcer la confiance du public et d’assurer une utilisation plus efficace des ressources disponibles.
Un défi structurel toujours entier
Malgré les efforts annoncés par la direction générale, l’accès universel à l’eau potable reste l’un des grands défis du pays. Les contraintes liées à l’urbanisation rapide, à la dégradation des infrastructures et à l’insuffisance de financement continuent de freiner les avancées.
Pour de nombreux observateurs, l’amélioration durable du secteur passera par une réforme plus profonde de la gouvernance de l’eau, une coordination accrue entre les institutions publiques et une implication réelle des collectivités locales.

