COAP-ONA met la pression sur l’ONA : le directeur général directement visé
À Port-au-Prince, le Collectif des assurés et pensionnés de l’ONA (COAP-ONA) a officiellement saisi, les 18 et 19 février 2026, l’ensemble des autorités nationales et plusieurs partenaires internationaux pour dénoncer ce qu’il qualifie de pratiques « para-bancaires » menées par l’Office National d’Assurance-Vieillesse (ONA) et place au cœur de sa plainte le directeur général de l’institution, Ronald Bazile.
Notre rédaction confirme détenir des copies des courriers envoyés aux autorités. Dans ces documents, le collectif reproche à l’administration d’avoir ouvert des guichets de paiement et d’avoir introduit des services de transferts et de transactions sans autorisation de la banque centrale. Le COAP-ONA estime que ces initiatives empiètent sur le champ réservé aux établissements financiers agréés et exposent les fonds des pensionnés à des risques de non-conformité et de blanchiment.
Le dossier a été transmis à plusieurs institutions et responsables pour instruction. Sont saisis la Banque de la République d’Haïti représentée à la lettre par son président du conseil d’administration, Ronald Gabriel, ainsi que l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC) et son directeur général, Hans Jacques Ludwig Joseph. L’UCREF a également été informée en tant qu’autorité de renseignement financier. Le collectif a saisi le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé afin qu’il veille à la protection des prestations sociales.
Des copies des courriers ont été adressées à des partenaires internationaux et à des réseaux de la société civile. Parmi eux figurent le Programme des Nations Unies pour le Développement (représenté par Xavier Michon), la Banque interaméricaine de développement (à l’attention de Carinne Cathala), la délégation de la Union européenne (informée via Helene Roos) ainsi que le réseau Ensemble Contre la Corruption (ECC) et son coordonnateur, Edouard Paultre.
Le COAP-ONA demande la suspension provisoire des opérations qualifiées de para-bancaires, la réalisation d’un audit indépendant des flux financiers, la mise en place immédiate d’un programme de conformité incluant procédures KYC et surveillance des transactions, et des garanties pour que le versement des pensions ne soit pas interrompu pendant les vérifications. Le collectif répète sa formule : « Nous n’acceptons pas que nos pensions servent d’expérimentation financière. »
Du côté de la direction de l’ONA, le directeur général n’avait pas fourni de réponse publique complète au moment de la publication. La rédaction a sollicité un commentaire et attend toujours des éléments justificatifs ou des autorisations administratives pouvant légitimer les nouvelles modalités de paiement.
Plusieurs suites sont envisageables. La BRH et l’UCREF pourraient conduire une expertise technique pour vérifier la conformité des opérations avec la réglementation, l’ULCC pourrait ouvrir une enquête si des indices d’irrégularité apparaissent, et un cadre de concertation entre l’ONA, les régulateurs et les partenaires pourrait être établi pour définir des modalités légales et sécurisées d’amélioration de l’accès aux prestations.
L’affaire illustre le dilemme entre modernisation des services publics et respect strict des cadres réglementaires. Dans un contexte de confiance institutionnelle fragile, la rapidité et la transparence de la réponse des autorités seront déterminantes pour apaiser les craintes des assurés et préserver la crédibilité du système de protection sociale.
Notre rédaction met à disposition, sur demande et selon l’accord du COAP-ONA, les copies intégrales des correspondances consultées. Nous publierons toute réaction officielle reçue des autorités ou de la direction de l’ONA.

