Coopération : dix nouveaux blindés canadiens pour appuyer les opérations de la Police nationale d’Haïti
La Police nationale d’Haïti (PNH) a franchi une nouvelle étape dans le renforcement de ses moyens logistiques avec la réception, ce lundi 17 février, de dix véhicules blindés offerts par le Canada. La cérémonie officielle s’est déroulée à Clercine, au siège de la Direction centrale, en présence de hautes autorités haïtiennes et diplomatiques, dont l’ambassadeur du Canada en Haïti et le Premier ministre.
Ce don intervient alors que l’aire métropolitaine de Port-au-Prince reste fortement marquée par la violence des groupes armés. Face à la multiplication des attaques et aux difficultés d’accès à certains quartiers, ces blindés constituent un atout stratégique pour les unités engagées sur le terrain.
Le porte-parole de l’institution, Garry Desrosiers, a précisé que ces équipements renforceront à la fois la mobilité, la protection des agents et l’efficacité des opérations. L’objectif affiché est de permettre à la police d’intervenir plus rapidement et de sécuriser des zones jusque-là difficiles à contrôler.
L’ambassadeur canadien a rappelé que ce soutien s’inscrit dans une coopération continue en matière de sécurité, destinée à appuyer les efforts des autorités haïtiennes pour rétablir l’ordre public.
De son côté, le Premier ministre a insisté sur la nécessité de restaurer la libre circulation des citoyens sur l’ensemble du territoire national, tout en saluant l’appui de la communauté internationale. Avec ces dix nouveaux blindés, la PNH espère intensifier ses interventions et reprendre progressivement le contrôle des secteurs sous l’influence des gangs.
Cependant, cette nouvelle dotation soulève aussi des interrogations au sein de la population. Ces dernières années, l’institution policière a déjà reçu plusieurs dizaines de blindés et d’équipements dans le cadre de la coopération internationale, sans que les résultats sécuritaires attendus soient pleinement perceptibles pour de nombreux citoyens. Beaucoup déplorent que les principaux chefs de gangs demeurent encore en liberté et que l’insécurité continue de perturber gravement la vie quotidienne.
Face à cette situation persistante, une partie de la population exprime son ras-le-bol et attend désormais des actions concrètes, visibles et durables, au-delà du renforcement matériel, afin de rétablir réellement la sécurité et la confiance publique.

