Entre agressions physiques et homicides, la BSAP suscite des préoccupations
Créée par décret en 2006 et rattachée à l’Agence nationale des aires protégées (ANAP), la Brigade de sécurité des aires protégées (BSAP) suscite aujourd’hui de vives inquiétudes. Alors qu’elle aurait dû jouer un rôle essentiel dans la protection de l’environnement haïtien, cette entité est devenue le reflet d’une société qui privilégie l’improvisation à une véritable structuration. En pleine crise, la BSAP, à l’image de son pays, semble prisonnière d’un malaise chronique.
Initialement contestée sous le gouvernement du PHTK, la BSAP a su capter l’attention de la population haïtienne lors des manifestations autour du canal de Ouanaminthe. Elle a mis en avant sa capacité à se défendre contre l’impertinence des Dominicains à la frontière haïtiano-dominicaine, mais aussi contre la montée de la violence des gangs armés dans le Grand Nord. Cependant, cette dynamique prometteuse est assombrie par des abus de pouvoir et des comportements douteux de la part de nombreux agents, qui ternissent l’image de l’institution.
Des témoignages font état d’une brigade s’immisçant dans des affaires qui ne relèvent pas de ses prérogatives, allant de la gestion de permis de conduire jusqu’à des fouilles corporelles, souvent accompagnées de violences. Ce manque de clarté sur le rôle de la BSAP engendre un climat de méfiance et de colère au sein de la population, qui se sent de plus en plus opprimée par une énième force incapable de s’intégrer à la réalité sécuritaire nationale.
La BSAP peine à tirer profit de sa notoriété et de sa popularité compréhensible. En appartenant à un État qui minimise ses propres problèmes, elle est entraînée dans une spirale négative. L’absence de gestion rigoureuse est flagrante, tant il est difficile pour l’État haïtien d’identifier le nombre exact d’agents en activité. Les doutes persistent quant à leurs uniformes, leurs armes et leurs méthodes de recrutement, autant d’éléments qui suscitent des interrogations sur leur légitimité.
La situation s’est récemment aggravée, lorsque des agents de la BSAP ont été impliqués dans des violences mortelles. À Limonade, un agent a été lynché et brûlé vif après avoir été accusé de vol de bétail. Dans un autre incident tragique, le 8 novembre, des agents de la BSAP ont tué à Limbé un chauffeur de taxi-moto et une jeune commerçante du Trou-du-Nord, au cours d’une intervention qui a mal tourné. En réaction, les habitants des deux communes ont incendié les bases de la BSAP, exprimant ainsi leur colère face à une situation devenue intenable.
Face à ces dérives, le pouvoir de la transition reste silencieux, minimisant les véritables enjeux qui menacent la vie des citoyens, comme si cela n’affectait pas leurs intérêts personnels. Dans un contexte où l’insécurité règne en maître, la BSAP risque d’aggraver encore la situation si aucune mesure corrective n’est prise. Il revient aux autorités compétentes d’intervenir sans délai pour éviter que cette crise ne s’enracine davantage. La population, déjà épuisée par une insécurité omniprésente, n’attend plus de promesses, mais des actes concrets.
Quel avenir pour la BSAP, et surtout, pour une Haïti en quête de stabilité ?
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