Entre peur et résilience, Haut-Delmas et Pétion-Ville portent les quelques rendez-vous festifs de fin d’année
Partout dans le monde, les fêtes de fin d’année ramènent l’heure à la joie, et Port-au-Prince ne semble pas vouloir déroger à la règle. Cependant, la triste réalité de la capitale contraint les organisateurs d’activités culturelles à voir leurs initiatives confinées aux seules communes de Delmas et de Pétion-Ville.
La fin d’année amène une pléiade d’activités destinées à voiler de gaieté les jours d’une population qui a connu une année particulièrement douloureuse. De fait, les 85 % du territoire perdus entre Port-au-Prince et ses environs ne seront pas de la fête. Toutes ces activités restent ainsi confinées à Delmas, quand ce n’est pas à Pétion-Ville.
La vie le veut ainsi, ou pourrait-on dire, la force des armes le veut ainsi. Depuis la dégringolade de l’insécurité, propulsant les gangs au rang de tout-puissants, Port-au-Prince n’a pas cessé de se désexister. La population, impuissante malgré elle, n’a fait que s’adapter à cette nouvelle réalité, tandis que des dirigeants incapables et en manque de volonté n’ont fait que croiser les bras.
De toute façon, la vie n’a pas stoppé sa course haletante. Elle coule dans toutes les veines. Les vivants ont besoin de fêtes pour maintenir entière et tendue cette corde qui les lie à la vie. En ce sens, les activités qui peuplent ces derniers jours de l’année, bien que confinées géographiquement, ne manquent pas d’atteindre une réussite exceptionnelle.
Le Festival Quatre Chemins, festival de théâtre le plus important du pays, s’est tenu normalement, comme c’est le cas depuis 22 ans. Outre des activités organisées à Lalue et à Bourdon, des restaurants de Pétion-Ville, tels que La Réserve, Zili Bar et Aïoli, ont accueilli la majeure partie des lectures scéniques, des causeries et des représentations de pièces de théâtre. Le festival a fait montre de résilience dans une ville en cendres.
De même, le Festival En Lisant n’a pas chômé. Avec pour objectif de rendre hommage à Frankétienne, parti en février dernier, le festival a pris place dans divers sites de Pétion-Ville, tels que les restaurants Quartier Latin et Aïoli, la Bibliothèque Michel Tardieu, sans toutefois pouvoir se passer du Centre culturel Pyepoudre.
La troisième édition du Salon du livre de Port-au-Prince, quant à elle, a jeté son dévolu sur La Réserve Hôtel, dans les hauteurs de Pétion-Ville. Cette activité a réuni du monde et ravi toute la jeune communauté littéraire. Artisanat en fête, cette foire nationale qui décorait autrefois le Champ de Mars, se tiendra les 20 et 21 décembre chez les Frères de l’Instruction chrétienne, place Saint-Pierre, à Pétion-Ville.
Pour ce qui est des bals et concerts en cette fin d’année, les organisateurs semblent n’avoir pour cible que l’El Rancho Convention Center. Le groupe Klass y sera accueilli le 27 décembre, avec la participation du chanteur L-Won.
El Rancho accueillera également le concert le plus attendu de cette fin d’année à Port-au-Prince, à savoir The Code. Des artistes de premier choix y sont attendus : Lycinaïs Jean, Trouble Boy, Vayb, L-Won et Teddy Hashtag. L’événement se tiendra le 30 décembre

