Gonaïves : Johnny Ferdinand dénonce plus de 15 ans d’abandon du Parc Vincent dans une lettre ouverte au ministre des Sports
Une vive interpellation est adressée aux autorités haïtiennes concernant l’état de dégradation avancée du Parc Sténio Vincent, principale infrastructure sportive des Gonaïves. Dans une lettre ouverte adressée au ministre de la Jeunesse, des Sports et de l’Action Civique, Pythagore Dumas, le citoyen gonaïvien Johnny Ferdinand dénonce plus de quinze années d’abandon et de promesses non tenues autour de la réhabilitation du stade.
Une infrastructure sportive en état critique
Dans cette correspondance rendue publique, Johnny Ferdinand, ancien dirigeant du Racing FC des Gonaïves et acteur engagé dans la vie sportive locale, décrit une situation qu’il qualifie de « critique et lamentable ».
Le Parc Vincent, terrain historique du Racing FC et de Éclair AC, clubs évoluant respectivement en première et deuxième divisions du championnat national, se trouve aujourd’hui dans un état de délabrement avancé.
Pourtant, rappelle l’auteur, le stade avait été réhabilité en 2005 avant d’être sévèrement endommagé par les ouragans de 2008. Depuis, malgré plusieurs annonces officielles, les travaux de rénovation ne se sont jamais concrétisés.
Des promesses restées sans suite
Selon la lettre, en 2012, sous la présidence de Michel Joseph Martelly, environ douze millions de gourdes auraient été annoncés pour la réhabilitation du parc, incluant la clôture du terrain, la réfection de la pelouse et la réparation des tribunes.
Plus tard, en novembre 2018, les autorités avaient procédé à la pose symbolique de la première pierre d’un nouveau projet de rénovation comprenant notamment la clôture de l’espace de jeu, la rénovation de la surface du terrain, la construction de vestiaires et l’aménagement d’une tribune officielle.
Cependant, selon Ferdinand, ces travaux n’ont jamais été réalisés et aucune explication claire n’a été fournie par les autorités compétentes.
Des conditions jugées indignes
Aujourd’hui, les matchs officiels s’y disputent dans des conditions jugées précaires. Le terrain est en terre battue, poussiéreux, dépourvu de vestiaires, de bancs de touche et même de sanitaires. L’auteur déplore également que des animaux errants puissent parfois se retrouver sur l’aire de jeu.
Une situation qu’il qualifie de « honteuse » pour une ville qui a largement contribué à l’histoire du football haïtien.
Un appel pressant aux autorités
Dans sa lettre, Johnny Ferdinand appelle le ministre Pythagore Dumas à faire de la réhabilitation du Parc Vincent une priorité nationale en matière d’infrastructures sportives et à défendre ce projet lors de l’élaboration du prochain budget rectificatif.
Il souligne également l’importance du football dans la ville des Gonaïves, berceau de clubs emblématiques comme Towò Bègle, Aigle Rouge, Éclair et Racing, et hôte annuel du tournoi du Mundialito, considéré comme l’un des plus grands championnats estivaux du pays.
Une ville qui mérite mieux
Pour l’auteur, la population gonaïvienne et particulièrement sa jeunesse mérite une infrastructure sportive digne de son histoire et de sa passion pour le football.
La lettre ouverte a également été adressée en copie au Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, au ministre de l’Économie et des Finances Serge Gabriel Colin, ainsi qu’à la présidente du comité de normalisation de la Fédération haïtienne de football, Monique André.
À travers cette démarche, les acteurs sportifs des Gonaïves espèrent enfin voir aboutir un projet attendu depuis plus d’une décennie.

