Haïti à la croisée des chemins : la position du Mouvement socio-politique MOUN9
Dans un contexte de crise profonde marqué par l’insécurité généralisée, la détérioration des conditions de vie et l’affaiblissement des institutions publiques, le Mouvement socio-politique MOUN9 a rendu publique sa position sur la transition politique en cours en Haïti.
Selon le document publié par le mouvement, le mandat du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), arrivé à terme, ne peut être prolongé sans fondement légal clair, sans consensus national et sans calendrier crédible menant à des élections. MOUN9 met en garde contre toute tentative de maintien prolongé du pouvoir, qu’il juge contraire aux intérêts de la nation.
Le mouvement place la sécurité au centre de ses préoccupations. Il appelle l’État à reprendre le contrôle effectif du territoire, à protéger les populations et à garantir les droits et libertés fondamentaux. L’insécurité, selon le texte, compromet non seulement la vie quotidienne des citoyens, mais empêche aussi toute perspective de transition crédible et freine le redémarrage des activités économiques.
Pour MOUN9, la sortie durable de la crise passe par l’organisation d’élections libres, inclusives, transparentes et souveraines. Le mouvement estime qu’un tel processus est indispensable pour restaurer la légitimité des institutions et rétablir la confiance entre l’État et la population. Il rejette toute solution politique retardant indéfiniment le retour à l’ordre constitutionnel.
Le document attire également l’attention sur la dégradation continue des conditions de vie des Haïtiens. MOUN9 appelle les autorités à faire de la lutte contre la misère une priorité, à travers des politiques publiques favorisant l’emploi, la justice sociale et l’accès aux services essentiels, notamment l’éducation, la santé et l’eau potable. Selon le mouvement, la pauvreté croissante constitue une menace pour la stabilité du pays.
MOUN9 plaide aussi pour une gouvernance fondée sur la transparence, la redevabilité et la lutte contre la corruption et l’impunité. Le mouvement estime que la transition actuelle et les gouvernements futurs doivent rompre avec les pratiques ayant affaibli l’État. Sur le plan économique, il appelle à créer un climat favorable à l’investissement productif, à soutenir l’agriculture et les petites et moyennes entreprises, et à encadrer la participation de la diaspora dans le respect de la souveraineté nationale.
Enfin, le mouvement insiste sur la nécessité d’une participation active de la société civile aux décisions stratégiques concernant l’avenir du pays. Il rejette toute solution imposée ou tout accord politique excluant la population et réaffirme son attachement à la souveraineté populaire et à la démocratie, appelant à une transition fondée sur la légitimité et l’expression de la volonté du peuple.

