Haïti : Après une plainte pour agressions sexuelles, le ministre Augustin Antoine contre-attaque par une procédure en diffamation

Une plainte pour agressions sexuelles, viol et corruption visant le ministre de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle, Augustin Antoine, a été déposée au cabinet d’instruction près le Tribunal de Première Instance de Port-au-Prince le 23 février 2026.
Une réaction rapide du ministre
À seulement 24 heures après le dépôt de la plainte, le ministre a réagi en engageant une procédure pour diffamation contre l’un des avocats impliqués dans le dossier et en invitant également le journaliste Patrice L. Joanel à se présenter au Parquet pour être entendu, ce qui soulève des questions sur la liberté de la presse en Haïti et le droit des journalistes à couvrir des affaires d’intérêt public sans intimidation.
Une plainte portée par des organisations de défense des droits humains
La dénonciation, introduite par le cabinet Basoche Law Firm et soutenue par plusieurs organisations de défense des droits humains et de lutte contre la corruption, évoque des faits présumés d’agressions sexuelles suivies de viol ainsi que d’abus de pouvoir.

Les plaignants affirment que le ministre aurait utilisé son autorité et son influence pour obtenir des faveurs sexuelles, notamment en promettant des nominations à des jeunes femmes en situation de vulnérabilité. Ils invoquent les dispositions du Code pénal haïtien ainsi que le décret du 5 juillet 2006 relatif aux violences sexuelles. La plainte demande l’ouverture d’une instruction judiciaire pour faire la lumière sur ces faits.
Riposte judiciaire du ministre
En réponse aux accusations, le Parquet du Tribunal de Première Instance de Port-au-Prince a émis plusieurs lettres d’invitation, adressées à Me Iswick Théophin et au journaliste Patrice L. Joanel, afin qu’ils se présentent pour être entendus sur des faits de diffamation au préjudice d’Augustin Antoine. Ces convocations, émises seulement 24 heures après le dépôt de la plainte, sont perçues par certains observateurs comme une pression sur les acteurs de la dénonciation et sur la liberté de la presse.
Un dossier sensible à double dimension

Cette affaire prend désormais une double dimension :
• D’une part, une plainte grave pour agressions sexuelles et corruption visant un membre du gouvernement en fonction ;
• D’autre part, une procédure pour diffamation engagée par le ministre contre l’un des acteurs de la dénonciation et un journaliste.
À ce stade, aucune décision judiciaire n’a été rendue sur le fond des accusations. L’évolution de l’instruction et l’issue de la procédure en diffamation détermineront les suites judiciaires de ce dossier à forte portée politique et institutionnelle.
L’affaire demeure en cours, et la convocation d’un journaliste à répondre d’accusations de diffamation ravive le débat sur la protection de la liberté de la presse en Haïti.

