Haïti : des citoyens se montrent hostiles au projet de la nouvelle Constitution
Plusieurs citoyens ont partagé avec la rédaction de Lakay Info509 leur opinion sur le projet de la nouvelle Constitution de la République d’Haïti.
Me Joseph Grégory Dorce, avocat au Barreau de Port-au-Prince, estime que le document a été élaboré dans un contexte de crise institutionnelle et présente des lacunes juridiques. Selon lui, le processus de rédaction, qui exclut une consultation citoyenne inclusive, affaiblit sa légitimité démocratique.
« L’indépendance de la justice demeure théorique, avec des mécanismes de nomination des juges vulnérables aux influences politiques. Les droits des minorités et des femmes ne bénéficient pas de protections adaptées aux réalités haïtiennes », déclare l’homme de loi.
Le coordonnateur national du parti Des Haïtiens Unis pour Sauver Haïti (PHUSHA), Osman Gesner, considère que les dirigeants actuels n’ont pas le droit de modifier, de changer ou d’amender la Constitution haïtienne.
Arguant qu’ils manquent de légitimité et des qualifications nécessaires, le responsable de cette structure politique affirme que ce projet de loi, créé sans la participation du peuple, constitue une imposition et une violation constitutionnelle.
Le sociologue Louis Victor a également exprimé ses préoccupations. Il se dit particulièrement inquiet concernant la section dédiée à l’université. Selon lui, le projet de la nouvelle Constitution encourage la recherche, mais ne prévoit pas de financement pour celle-ci. M. Victor affirme que la recherche est l’une des fonctions clés de l’université et considère cette omission comme une aberration.
« Ce document prouve la volonté de nos autorités de mettre fin à l’éducation. En voulant fixer les normes de fonctionnement de l’éducation, elles cherchent à nous maintenir dans l’obscurantisme pour mieux nous manipuler, comme des veaux qu’on mène à l’abattoir », a martelé Louis Victor.
Estherline Pierre, réfugiée dans le camp de déplacés à l’École Nationale Claire Heureuse en raison des exactions des gangs armés, se montre indifférente au projet de la nouvelle Constitution. Pour elle, les autorités devraient d’abord résoudre la situation sécuritaire et permettre aux gens de retourner chez eux.
« Je veux rentrer chez moi. Ce sujet n’est pas ma priorité. J’en ai assez de vivre dans ce camp, où nos conditions de vie sont humiliantes. Ce projet de loi n’apportera aucun changement positif réel à la situation du peuple », déclare cette mère de trois enfants.
Soulignons que la Conférence Épiscopale d’Haïti (CEH), dans une note, a jugé le moment inopportun pour l’adoption d’une nouvelle Constitution. L’institution religieuse a proposé de travailler davantage à l’élaboration d’une charte fondatrice de l’avenir commun, plutôt qu’une Constitution imposée unilatéralement.
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