Haïti : la crise institutionnelle ouvre une “opportunité historique”, selon l’Accord de Montana
Le renvoi du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé par cinq membres du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) est considéré par l’Accord de Montana comme un tournant majeur dans la crise politique, sociale et économique que traverse le pays.
Dans un communiqué publié ce dimanche, le comité de pilotage de l’Assemblée des signataires de l’Accord de Montana souligne que la crise haïtienne dépasse désormais un simple dysfonctionnement institutionnel. Elle reflète selon eux un affrontement profond entre une majorité populaire appauvrie et une minorité économique historiquement dominante.
Le communiqué mentionne également le soutien exprimé par une frange du secteur privé en faveur de Laurent St-Cyr, dénonçant la volonté de certains groupes économiques d’influencer directement les choix politiques et institutionnels au détriment de l’intérêt général et de la souveraineté nationale.
Pour le comité, la révocation du Premier ministre constitue une opportunité historique de rupture avec un modèle de transition jugé capturé par des intérêts de classe et de prévention de solutions imposées de l’extérieur, à l’approche de l’échéance du 7 février 2026.
Le comité de pilotage appelle désormais à la nomination d’un Premier ministre par intérim réellement indépendant des oligarchies économiques et des agendas étrangers, à un changement de leadership au sein du Conseil Présidentiel de Transition si nécessaire pour garantir l’exécution des décisions prises par la majorité, et à la convocation urgente des forces politiques, sociales et populaires afin de conclure un accord inclusif fondé sur la justice sociale, la souveraineté nationale et l’équité.
Enfin, l’Accord de Montana dénonce toute tentative d’instrumentalisation de la Police nationale d’Haïti à des fins politiques ou pour protéger des intérêts de classe, estimant que de telles pratiques aggraveraient la crise et compromettraient toute perspective de stabilité durable.
Le comité réaffirme son engagement à promouvoir un dialogue véritablement inclusif, plaçant l’intérêt supérieur de la nation et les aspirations démocratiques du peuple haïtien au centre de toutes les décisions.

