Haïti : la Russie exige des clarifications au Conseil de sécurité sur la Force de répression des gangs
La Fédération de Russie a demandé des comptes au Conseil de sécurité des Nations Unies concernant la Force de répression des gangs (GSF), une structure sécuritaire annoncée pour Haïti mais dont le déploiement tarde à se concrétiser. Moscou s’interroge ouvertement sur la pertinence, le financement et la transparence de cette initiative.
Lors d’une séance du Conseil de sécurité, la délégation russe, membre permanent de l’organe onusien, a exigé un rapport détaillé sur la GSF, notamment sur son coût financier et l’impact budgétaire pour les États membres. « Combien cela coûtera-t-il aux États membres ? », a interrogé la représentation russe, appelant à une présentation complète du projet devant le Conseil.
La Russie souhaite également obtenir des informations précises sur la structure de commandement, les modalités de fonctionnement et le rôle exact des partenaires permanents appelés à soutenir cette force. Pour Moscou, toute initiative sécuritaire internationale doit être clairement encadrée, tant sur le plan juridique que financier, afin d’éviter toute dérive ou chevauchement avec les mécanismes existants.
Cette prise de position intervient alors que la situation sécuritaire en Haïti demeure critique, marquée par l’expansion des gangs armés et l’effondrement de l’autorité de l’État sur plusieurs territoires. Si la création d’une force spécialisée est perçue par certains comme une réponse nécessaire à l’urgence, d’autres acteurs internationaux plaident pour une approche plus transparente et concertée.
L’intervention de la Russie met en évidence les divergences persistantes au sein du Conseil de sécurité sur la gestion du dossier haïtien. Elle souligne également les défis liés à la mise en place d’une réponse internationale efficace, dans un contexte où la légitimité, le financement et l’efficacité des dispositifs sécuritaires restent au cœur des débats.

