Haïti : Les droits de l’homme gravement menacés en septembre 2025, selon le Collectif Défenseur Plus
Septembre 2025 restera comme l’un des mois les plus sombres pour les droits de l’homme en Haïti. Dans un rapport publié en octobre, le Collectif Défenseur Plus dresse un tableau alarmant des violations massives constatées dans plusieurs départements du pays. Assassinats, enlèvements, viols, frappes de drones et déplacements forcés ont endeuillé des centaines de familles, tandis que l’impunité continue d’alimenter la peur et la désolation.
Les départements de l’Ouest et de l’Artibonite demeurent les plus touchés. À Port-au-Prince, plus de soixante-dix personnes ont été tuées au cours du mois, dont plus de quarante lors du massacre de Labodrie, survenu dans la nuit du 11 au 12 septembre. D’autres attaques ont frappé Turgeau, Tabarre, Simon Pelé et Delmas, causant la mort de nombreux civils, y compris des enfants. Dans l’Artibonite, des affrontements armés à Liancourt ont fait trois morts et dix blessés, provoquant de nouveaux déplacements massifs. Selon les estimations du Collectif, plus de 6 000 personnes ont été contraintes d’abandonner leur domicile dans ces deux départements.
La situation n’est guère meilleure dans le Centre et le Nord-Ouest, où violences et déplacements forcés se multiplient. À Mirebalais et à Saut-d’Eau, des centaines de familles vivent désormais dans des abris précaires, privées d’eau, de nourriture et de soins médicaux. Dans le Nord-Ouest, une attaque survenue à Bassin-Bleu a poussé plus de 2 000 habitants à fuir leurs maisons. Des régions jusque-là relativement calmes, comme le Sud et la Grand’Anse, enregistrent désormais des enlèvements ciblés et des violences économiques, confirmant la propagation du chaos à l’échelle nationale.
Le rapport met aussi en lumière l’extrême vulnérabilité des femmes et des enfants, victimes de viols, d’agressions et de déplacements forcés. Trois cas de viol ont été recensés à Cité Soleil, Croix-des-Bouquets et Canaan, mais de nombreuses victimes n’ont toujours pas accès à une aide médicale ou psychologique. Pour le Collectif Défenseur Plus, cette situation illustre l’effondrement du système de protection et la violation flagrante des droits fondamentaux garantis par la Constitution haïtienne et les conventions internationales ratifiées par le pays.
Face à cette situation dramatique, le Collectif appelle à une mobilisation nationale et internationale urgente. Il réclame un renforcement de la présence policière dans les zones les plus touchées, une meilleure prise en charge des victimes de violences sexuelles, la réactivation des tribunaux et un soutien humanitaire massif aux déplacés. « Le 20 septembre 2025 ne doit pas annoncer une nouvelle ère de barbarie », avertit le rapport, exhortant l’État haïtien à restaurer la dignité et la sécurité de son peuple.
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