Haïti : un Pacte national pour rétablir la stabilité et ouvrir la voie aux élections
À Port-au-Prince, des organisations politiques, économiques et issues de la société civile ont adopté en 2026 un Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections, présenté comme un instrument de gouvernance transitoire destiné à ramener l’ordre institutionnel et à préparer la tenue de scrutins crédibles après plusieurs années de crise.
Une nouvelle étape après la transition présidentielle
Le document intervient dans le prolongement de la fin du mandat du Conseil Présidentiel de Transition le 7 février 2026. Depuis cette date, le pouvoir exécutif est exercé par le Conseil des ministres dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, chargé de conduire la période intérimaire jusqu’à l’installation de dirigeants élus.
L’objectif affiché est de garantir la continuité de l’État, restaurer la confiance publique et créer un climat sécuritaire propice à l’organisation d’élections inclusives et transparentes.
La sécurité, condition première du processus électoral
Le Pacte met l’accent sur le rétablissement de l’autorité de l’État face à l’insécurité persistante. Il prévoit le renforcement des capacités opérationnelles de la Police Nationale d’Haïti et des Forces Armées d’Haïti, avec pour priorités la sécurisation des axes routiers, le contrôle des espaces maritime et aérien et la lutte contre les groupes armés.
Ces actions doivent être menées en coordination avec les partenaires internationaux, notamment dans le cadre de l’appui du Bureau Intégré des Nations Unies en Haïti, afin de consolider les efforts de stabilisation.
Des élections présentées comme l’aboutissement de la transition
La tenue d’élections constitue la finalité centrale du Pacte. Le gouvernement est appelé à travailler étroitement avec le Conseil Électoral Provisoire pour moderniser l’administration électorale, fiabiliser le registre des électeurs, renforcer les mécanismes de transparence et garantir la crédibilité des résultats.
Le texte insiste également sur l’intégration des Haïtiens vivant à l’étranger dans le processus électoral, marquant une volonté d’élargir la participation citoyenne.
Mesures sociales et relance économique en appui à la stabilité
Au-delà du volet institutionnel, le Pacte prévoit des programmes de réinsertion sociale dans les quartiers vulnérables, des initiatives de création d’emplois pour les jeunes, ainsi que des actions de soutien aux déplacés internes et aux communautés rurales.
La réhabilitation des infrastructures productives et l’appui aux petites et moyennes entreprises figurent parmi les leviers envisagés pour accompagner la transition politique par une relance économique.
Un mécanisme de dialogue et de suivi
Un Comité consultatif, composé de représentants des secteurs signataires, est chargé de suivre l’application de la feuille de route, de favoriser le dialogue entre les forces vives du pays et de veiller à la mise en place des conditions nécessaires à des élections crédibles.
Ce dispositif se veut un espace de concertation permanent, sans interférence directe dans l’exercice du pouvoir exécutif.
Une transition limitée dans le temps
Le Pacte précise que l’exécutif intérimaire restera en fonction jusqu’à l’installation d’autorités élues. Il impose également des règles strictes de neutralité : les responsables publics souhaitant participer aux élections devront démissionner dans les délais fixés afin d’éviter toute utilisation partisane des ressources de l’État.
Un pari sur la sortie de crise
Présenté comme une feuille de route consensuelle, ce Pacte national ambitionne de créer les conditions d’un retour durable à la stabilité institutionnelle. Sa mise en œuvre effective, toutefois, dépendra de la capacité des acteurs politiques, sécuritaires et sociaux à maintenir le dialogue et à traduire les engagements en actions concrètes.

