Hôpital La Paix : lenteur, négligence et surcharge de patients
L’Hôpital Universitaire de la Paix, à Delmas 33, autrefois symbole d’espoir pour les soins de santé, présente aujourd’hui, malgré plusieurs mesures mises en place, des failles sans précédent. Avec 60 à 80 % des structures sanitaires de Port-au-Prince fermées en raison de l’insécurité, cette institution, désormais très surchargée, atteint depuis quelque temps un niveau exacerbé de défis qui étaient déjà présents.
Dans un contexte où près de deux Haïtiens sur cinq nécessitent des soins, selon Médecins Sans Frontières, l’hôpital se débat avec une lenteur et une inefficacité préoccupantes. Des témoignages de patients et de leurs proches, comme celui de Jessica, soulignent les attentes interminables et une prise en charge aléatoire.
Junia et Paula décrivent une réalité sanitaire marquée par des files interminables dans le couloir où l’on paie les médicaments, ainsi que par des références médicales souvent insuffisantes. Elles dénoncent un système administratif qui ne rembourse pas lorsqu’on a déjà acheté les médicaments. Christophe, lui, résume une triste vérité : ceux qui en ont les moyens évitent le secteur public pour protéger leurs proches.
Les accusations de négligence abondent, notamment avec des cas tragiques comme celui d’une fillette amputée, alimentant la colère contre un personnel médical perçu comme indifférent. Selon des témoins, si l’enfant avait été prise en charge à temps, son opération aurait pu réussir. Elle a pourtant dû attendre près de quatre à cinq jours malgré la gravité de son état.
Face à ces défis, l’Hôpital Universitaire de la Paix illustre les failles profondes du système de santé haïtien, qui nécessite une réforme urgente et des solutions durables. Les citoyens affirment ne pas avoir d’autre choix, tout en dénonçant une forme de négligence systémique qui hante Delmas 33 et continue de porter préjudice aux patients et à leurs proches.
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