Hôtel Oloffson incendié : les bandits ont accompli ce que le séisme de 2010 n’avait pu faire

Le légendaire Hôtel Oloffson, un véritable joyau architectural de la capitale haïtienne, a été complètement ravagé par un incendie ce dimanche. Cette perte, à la fois matérielle et culturelle, est profondément ressentie dans un contexte déjà marqué par les violences attribuées à la coalition armée Viv Ansanm.
D’un style gothique « pain d’épices », l’Hôtel Oloffson se distinguait par ses tourelles, balcons et dentelures en bois, le tout entouré de grandes cours et d’une végétation luxuriante, selon les informations recueillies sur le net. Construit au XIXe siècle, le bâtiment a sans doute inspiré des écrivains comme Graham Greene qui, dans son ouvrage Les Comédiens, publié en 1966, décrivait l’établissement comme un endroit hanté, mettant en valeur son atmosphère unique, révèle un article publié par Ayibopost en 2020.
L’édifice historique a été bâti par Démosthène Simon Sam, fils de l’ancien président Tirésias Simon Sam. Il a vécu dans cette maison jusqu’en 1915, lorsqu’elle a été cédée à la suite de l’élection de Vilbrun Guillaume Sam, un autre membre de la famille, qui a connu un destin tragique en étant lynché par une foule en colère. Cet événement marquant a servi de prétexte aux États-Unis pour intervenir militairement en Haïti, donnant lieu à une occupation qui durera près de deux décennies.
Durant l’occupation américaine, de 1915 à 1934, la résidence Oloffson a d’abord servi d’hôpital militaire, un fait peu connu qui a marqué son histoire. Richard Sénécal, un fidèle de l’hôtel depuis 30 ans, souligne qu’une aile de l’établissement, appelée « la maternité », témoigne encore de cette époque, selon ce qu’a rapporté Ayibopost.

Après la fin de l’occupation, le marin suédois Werner Gustav Oloffson a pris possession de la maison et l’a transformée en hôtel, d’où son nom. Depuis, l’établissement a connu diverses périodes de prospérité et de difficultés, notamment durant la dictature de Jean-Claude Duvalier, qui l’a contraint à fermer ses portes. En 1987, Richard A. Morse et son demi-frère Jean Max Sam ont réussi à rouvrir l’hôtel, contribuant à maintenir vivant l’héritage de cet emblématique bâtiment.
La destruction de l’Hôtel Oloffson ne représente pas seulement une perte pour ses propriétaires et ses clients, mais également un coup d’une grande ampleur porté au patrimoine culturel et historique d’Haïti. Alors que la nation peine à surmonter de multiples crises, cet incident souligne une fois de plus l’urgence de protéger son héritage face aux défis contemporains.
Les autorités promettent d’enquêter sur les causes de cet incendie dévastateur, tandis que la communauté haïtienne se retrouve une fois de plus en deuil de son histoire. L’Hôtel Oloffson, avec son passé glorieux, restera à jamais gravé dans les mémoires comme un symbole de résilience et de culture. Force est de constater qu’une page se tourne tragiquement aujourd’hui, à en croire les derniers messages des propriétaires de ce joyau disparu sur les réseaux sociaux.
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