Il est temps qu’Haïti affronte la vérité sur sa classe politique à double passeport
Le projet de loi présenté hier lundi 1er décembre par le sénateur américain de l’Ohio Bernie Moreno remet au premier plan une réalité que beaucoup préfèrent éviter. Ce projet de loi, qui vise à supprimer la double nationalité aux États-Unis, obligerait les personnes ayant la double nationalité à choisir une seule nationalité ou à perdre automatiquement leur passeport américain. Pour Haïti, cette initiative n’est pas seulement un débat américain : c’est un miroir brutal tendu à une classe politique déjà fragile.
Depuis des décennies, un grand nombre de dirigeants politiques et diplomatiques haïtiens possèdent plusieurs nationalités, souvent américaine, canadienne ou française. Cette multiplicité de passeports, tolérée mais jamais reconnue, alimente un sentiment de méfiance parmi la population. Comment peut-on servir un pays que l’on peut facilement quitter ? Comment défendre l’intérêt national quand on a un refuge ailleurs ? Ce projet de loi américain rappelle brutalement cette contradiction.
Si le projet de loi est adopté, les dirigeants haïtiens qui possèdent un passeport américain devront faire un choix clair : Haïti ou les États-Unis. Cette obligation forcée pourrait bouleverser le paysage politique haïtien, en particulier parmi ceux qui ont été régulièrement accusés de contribuer au chaos actuel tout en se réservant une voie de sortie sûre à l’étranger. La fin de la double nationalité pourrait donc devenir un test de loyauté nationale, mais aussi une révélation des priorités personnelles.
Cette situation offre également une occasion unique à Haïti de revoir ses propres exigences envers les fonctionnaires. Le pays ne peut plus se permettre d’être dirigé par des élites dont l’engagement oscille entre plusieurs allégeances. Définir clairement qui peut occuper des postes stratégiques et dans quelles conditions n’est plus un luxe, mais une nécessité. La transparence en matière de nationalité devrait devenir un principe fondamental de la gouvernance.
En fin de compte, le projet de loi Moreno met en évidence une vérité longtemps occultée : Haïti ne peut aller de l’avant sans une classe politique pleinement engagée et sans ambiguïté. Face aux multiples crises qui étouffent le pays, il est temps de demander à ceux qui prétendent le diriger d’assumer pleinement leurs choix. La nation haïtienne mérite des dirigeants qui n’ont qu’une seule priorité : Haïti, et rien d’autre.
Lakay Info509
contact@lakayinfo509.com
+509 3706 8096
©️ Décembre 2025. Tous droits réservés. Reproduction interdite, même partielle, à des fins lucratives ou de propagande sans autorisation préalable.

