James Monazard : « Plus de 92 % de l’eau vendue à Port-au-Prince contient des matières fécales »
Le ministre du Commerce et de l’Industrie, James Monazard, a déclaré qu’une étude menée par son département révèle que plus de 92 % des sachets, bouteilles et bonbonnes d’eau traitée analysés à Port-au-Prince présentent des traces de contamination fécale. Cette annonce a suscité une vive inquiétude parmi les consommateurs.
Le rapport, dont seule une synthèse a été présentée par le ministère du Commerce et de l’Industrie (MCI), met en évidence de graves non-conformités microbiologiques ainsi que des irrégularités liées à l’étiquetage. Toutefois, les autorités n’ont pas encore rendu public le rapport complet, incluant la méthodologie, les sites de prélèvement et les laboratoires ayant effectué les analyses. Cette situation pousse des experts et des organisations de la société civile à réclamer des contre-analyses indépendantes afin de confirmer les résultats et d’identifier l’origine exacte de la contamination.
Sur le plan sanitaire, la présence de matières fécales dans l’eau expose la population à des maladies d’origine hydrique, notamment des diarrhées et infections, particulièrement dangereuses pour les enfants et les personnes vulnérables. Le ministre a annoncé un renforcement des contrôles, tandis que des spécialistes appellent à des mesures urgentes, notamment la publication des données, des alertes publiques (faire bouillir l’eau, utilisation de chlore) et la distribution temporaire d’eau potable dans les zones à risque.
Pour que cette alerte ne reste pas symbolique, les observateurs attendent désormais des actions concrètes : transparence totale, contrôles indépendants et mise en conformité des producteurs, afin de garantir la qualité et la sécurité de l’eau vendue dans la capitale.

