Jean Joseph Lebrun pressenti pour diriger la transition après le 7 février 2026
À quelques jours de l’échéance constitutionnelle du 7 février 2026, une nouvelle étape pourrait s’ouvrir dans la gestion de la transition politique en Haïti. La commission chargée de consulter les magistrats de la Cour de cassation a annoncé, le lundi 2 février 2026, la désignation du juge Jean Joseph Lebrun, président de la Cour de cassation, comme président de la République par intérim, en application de l’article 149 de la Constitution haïtienne.
L’annonce a été faite lors d’une conférence de presse tenue à Pétion-Ville, à l’issue de consultations intensives conduites au cours des vingt-quatre dernières heures avec les membres de la plus haute juridiction du pays. Cette initiative intervient dans un contexte de fortes incertitudes politiques, à l’approche de la fin annoncée du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT).
Selon les responsables de la commission, cette désignation vise avant tout à prévenir un vide institutionnel susceptible de paralyser davantage le fonctionnement de l’État. Ils expliquent que le choix du juge Jean Joseph Lebrun repose sur des critères de compétence, d’intégrité morale et de respect de l’ordre constitutionnel, dans un climat national marqué par l’insécurité, l’instabilité politique et la défiance d’une partie de la population envers les institutions.
Intervenant lors de la conférence de presse, Me Jean Renel Sénatus, membre de la commission, a précisé que cette décision est le fruit d’un large consensus politique et sociétal. Il a souligné que la désignation d’un magistrat de la Cour de cassation à la tête de l’État constitue une solution légale et apaisante, conforme aux mécanismes prévus par la Constitution en cas de vacance du pouvoir exécutif.
Me Sénatus a également lancé un appel à l’unité nationale, rappelant que le pays traverse depuis plusieurs décennies des crises politiques répétées. Il a exhorté les Haïtiens, au-delà de leurs divergences politiques, sociales ou religieuses, à unir leurs forces afin de créer les conditions d’un retour progressif à la stabilité institutionnelle et à la normalité démocratique.
Toutefois, la commission a tenu à préciser que cette désignation devra être formellement transmise au Conseil présidentiel de transition ainsi qu’au gouvernement en place. Cette démarche vise à garantir la continuité de l’État, à éviter toute rupture institutionnelle et à assurer une transition ordonnée après le 7 février 2026.
Si elle se confirme, la mise en place d’une présidence intérimaire dirigée par le juge Jean Joseph Lebrun pourrait marquer un tournant dans la gestion de la crise politique actuelle. Reste à savoir comment cette décision sera accueillie par les différents acteurs politiques et par une population éprouvée, mais en quête de stabilité, de sécurité et de perspectives démocratiques crédibles.

