Jean-Victor Harvel Jean-Baptiste, le chancelier du vide diplomatique en Haïti
Nommé par décret présidentiel le 15 novembre 2024, Jean-Victor Harvel Jean-Baptiste, diplomate de carrière, a succédé à Dominique Dupuy au poste de ministre des Affaires étrangères et du Culte. Dans un contexte national marqué par la violence des gangs, la pauvreté croissante et l’absence de structures étatiques efficaces, le rôle du chef de la diplomatie est crucial : défendre la souveraineté nationale, protéger la diaspora et représenter Haïti sur la scène internationale. Mais plusieurs mois après sa nomination, la situation est préoccupante : la diplomatie haïtienne est pratiquement inexistante, dirigée par un ministre invisible.
Les tensions persistantes avec la République dominicaine illustrent cette paralysie. Expulsions massives et brutales d’Haïtiens, absence de dialogue bilatéral, refus de rencontrer son homologue dominicain lors de l’assemblée de l’OEA le 10 mars 2025… Face à ces violations répétées des droits humains, la réponse officielle reste minimale. Les médias haïtiens se demandent : « Haïti a-t-il encore un ministre des Affaires étrangères ? » Les organisations régionales telles que l’OEA, la CARICOM et l’ONU n’ont reçu aucune initiative diplomatique concrète, et la diaspora haïtienne, confrontée à des conditions de vie précaires, se sent abandonnée.
D’autres questions essentielles sont également négligées. La fermeture du consulat dominicain à Port-au-Prince complique les procédures administratives pour les Haïtiens vivant à l’étranger. Aucun canal officiel n’a été rouvert pour relancer le dialogue avec la République dominicaine ou la région. Les voyages du ministre aux États-Unis, présentés comme des actions visant à protéger la diaspora, n’ont apporté aucune solution tangible. Sur la scène internationale, bien qu’il ait alerté le Conseil de sécurité de l’ONU sur la situation en Haïti, aucun progrès concret n’a été réalisé.
À cela s’ajoutent des scandales internes. Plus de 450 nominations auraient été effectuées sans aucun critère de compétence, transformant le ministère en un instrument de clientélisme. Certains diplomates perçoivent des indemnités de plusieurs milliers de dollars pour des postes qu’ils n’occupent même pas. L’Unité de lutte contre la corruption (ULCC) a été saisie, mais le silence du ministre alimente les critiques et le mécontentement.
Le résultat est lourd de conséquences : Haïti se retrouve affaibli sur la scène internationale, incapable de défendre ses intérêts et de protéger sa diaspora. L’image du pays se détériore, tandis que ses voisins progressent sans encombre. Aujourd’hui, la société civile et la classe politique réclament un changement. Comme le résume Haïti24 : « Haïti a besoin d’un vrai diplomate, pas d’une figure de proue ». Le temps presse : la diplomatie haïtienne ne peut plus se permettre d’être fantomatique.
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