La fête au sommet, la peur au bas de l’échelle
À l’approche des fêtes de fin d’année, plusieurs vidéos relayées sur les réseaux sociaux montrent des personnalités publiques participant à des célébrations privées ou officielles. Ces images, largement commentées, ont suscité des réactions contrastées dans un contexte national marqué par l’insécurité et les difficultés de déplacement.
Traditionnellement, cette période est synonyme de rassemblements familiaux et de déplacements vers les villes de province. Cette année encore, de nombreux citoyens affirment ne pas pouvoir voyager, évoquant la crainte liée à la situation sécuritaire sur les principaux axes routiers. Les zones reliant la capitale à plusieurs régions restent perçues comme à haut risque, limitant les déplacements interurbains.
Selon plusieurs témoignages recueillis, certaines familles n’ont pas pu se réunir depuis plusieurs années. Les raisons avancées sont récurrentes : peur des violences, absence de garanties sécuritaires et multiplication des incidents sur les routes. Pour ces citoyens, les fêtes se déroulent dans un climat d’attente et de prudence plutôt que de célébration.
Dans ce contexte, la diffusion d’images de réjouissances impliquant des responsables ou des proches du pouvoir est interprétée par une partie de l’opinion comme un décalage avec la réalité quotidienne. Des analystes estiment que ces perceptions traduisent avant tout un manque de confiance entre la population et les institutions, accentué par l’absence de changements visibles sur le terrain.
Les autorités continuent d’affirmer que des efforts sont en cours pour rétablir la sécurité et améliorer les conditions de vie. Toutefois, pour de nombreux observateurs, les résultats demeurent limités et insuffisants pour répondre aux attentes immédiates de la population, notamment en période de forte symbolique sociale comme les fêtes de fin d’année.

