La jeunesse ignorée, le pays en crise : l’avertissement d’Alyn Jérôme
La jeunesse haïtienne, qui constitue la majorité de la population, reste largement exclue des décisions politiques et sécuritaires, alerte le politologue Alyn Jérôme. Cette marginalisation, qui se reproduit depuis l’époque post-Dessalines sous une forme générationnelle et sociale, alimente l’instabilité chronique du pays.
Entre 30 et 50 % des membres des groupes armés sont des mineurs, et ce chiffre atteint 80 à 90 % lorsque l’on inclut les jeunes adultes. Selon Jérôme, cette situation n’est pas seulement un problème de sécurité, mais le résultat direct d’une exclusion prolongée qui prive la jeunesse de perspectives économiques, sociales et politiques.
Cette réalité contredit les engagements internationaux, notamment la résolution 2250 du Conseil de sécurité de l’ONU, qui reconnaît la jeunesse comme acteur central de la paix et de la prévention des conflits. Pourtant, aucun représentant de ce groupe n’est présent dans les principales instances stratégiques liées à la transition et à la sécurité.
Pour Jérôme, exclure la jeunesse d’une transition politique est voué à l’échec. « On ne reconstruit pas un État en excluant sa majorité démographique », écrit-il, rappelant que paix, stabilité et légitimité passent par une participation réelle des jeunes.

