La précarité des migrants haïtiens aux États-Unis exposée par le PDG de Rezo Latibonit
Mackenson Océan, PDG de Rezo Latibonit, a dressé un tableau alarmant de la situation des migrants haïtiens aux États-Unis lors d’une intervention sur les ondes de Radio Métropole, ce mardi 23 décembre 2025.
Selon ses observations, la communauté haïtienne subit de plein fouet les effets d’une politique migratoire « plus ou moins rigide » mise en œuvre par l’administration de Donald Trump. Une pression accrue qui se traduit par des difficultés administratives criantes, notamment la péremption des cartes de travail, privant de nombreux Haïtiens de leur emploi et de leurs moyens de subsistance.
M. Océan a souligné un phénomène particulièrement révélateur de la détresse actuelle : l’inversion des flux financiers entre la diaspora et Haïti. Alors que les transferts d’argent vers l’île constituent traditionnellement une bouée de sauvetage économique, surtout en période de fêtes de fin d’année, « beaucoup de migrants reçoivent désormais de l’argent venu d’Haïti », a-t-il constaté, qualifiant cette situation d’inhabituelle.
La précarité ne se limite pas à l’emploi. Le PDG a évoqué la crise du logement qui frappe une partie des migrants, certains étant contraints de dormir dans leur voiture, sans toit fixe. Confrontés à l’absence d’emploi et de logement stable, le retour en Haïti semblerait une option, mais elle se heurte à des obstacles pratiques et financiers, notamment le coût élevé du billet d’avion.
Face à cette impasse, M. Océan a mentionné l’existence d’une proposition d’auto-déportation contre une prime de 3 000 dollars américains, une offre accueillie avec une grande méfiance par les migrants, qui doutent de ses modalités et de ses conséquences réelles.
En filigrane de ces difficultés, Mackenson Océan a pointé du doigt la faiblesse du soutien diplomatique haïtien. Selon lui, cette carence institutionnelle aggrave considérablement le quotidien des concitoyens expatriés, laissés sans protection ni accompagnement face à des politiques américaines de plus en plus restrictives.
Ce témoignage met en lumière la vulnérabilité croissante d’une partie de la diaspora haïtienne aux États-Unis, coincée entre une intégration compromise et un retour au pays rendu complexe, dans un contexte où les filets de sécurité traditionnels, familiaux et diplomatiques, semblent s’effriter.

