Laurent Salvador Lamothe sort de son silence et dénonce des accusations “sans preuves” dans le dossier PetroCaribe
Après près de deux années de relative discrétion médiatique, l’ancien Premier ministre haïtien Laurent Salvador Lamothe a décidé de sortir de son silence. Dans une interview accordée au podcast Pierre de Résistance, il est revenu sur les accusations de corruption qui pèsent contre lui ainsi que sur la décision des autorités américaines de lui interdire l’entrée sur leur territoire.
Au cours de cet entretien, l’ancien chef du gouvernement a dénoncé ce qu’il qualifie d’« injustice », affirmant que les accusations portées contre lui reposent, selon ses propos, sur des informations erronées et des allégations sans preuves, visant à ternir sa réputation dans le dossier des fonds PetroCaribe.
Laurent Lamothe a également expliqué les circonstances dans lesquelles il a appris la révocation de son visa américain. Selon lui, alors qu’il quittait les États‑Unis pour se rendre à une réunion en Égypte, un journaliste l’aurait contacté le lendemain pour l’informer que son visa avait été annulé, ce qui l’empêcherait désormais de rentrer sur le territoire américain.
L’ancien Premier ministre précise qu’il vivait aux États-Unis depuis plusieurs années. Sa famille, notamment son épouse et ses enfants, y résideraient également, tout comme ses activités professionnelles et ses entreprises.
Dans la même interview, il a aussi évoqué la question de la sécurité durant son passage à la tête du gouvernement. Il affirme que son administration a contribué au démantèlement de plusieurs groupes criminels influents en Haïti, notamment Baz Galil, Sonson La Familia et le réseau associé à Clifford Brandt. Laurent Lamothe insiste sur le fait qu’il n’a jamais entretenu de liens avec des gangs lorsqu’il occupait la fonction de Premier ministre.
Pour rappel, selon l’agence de presse Reuters, le 2 juin 2023, le gouvernement des États‑Unis a annoncé l’interdiction d’entrée sur son territoire de Laurent Salvador Lamothe.
Dans une déclaration officielle, le secrétaire d’État américain Antony Blinken avait indiqué que cette décision était liée à ce que Washington qualifie de « participation à des actes de corruption importants ». Le U.S. Department of State affirme notamment que l’ancien Premier ministre aurait détourné au moins 60 millions de dollars provenant du programme PetroCaribe, destiné à financer des projets d’infrastructure et des programmes sociaux en Haïti.
Ces accusations rendent Laurent Lamothe inéligible à l’entrée aux États-Unis selon la législation américaine.
De son côté, l’ancien Premier ministre continue de rejeter catégoriquement ces allégations et affirme vouloir défendre son honneur face à l’opinion publique. Le dossier PetroCaribe, qui a profondément marqué la vie politique haïtienne ces dernières années, demeure l’un des sujets les plus sensibles et débattus dans le pays.

