Le cas Robert Moreno : quand ChatGPT s’invite sur le banc d’un club de football et déclenche un scandale
Dans le monde du football, où tactiques, intuition et expérience humaine règnent en maîtres, une affaire rocambolesque a fait le tour du monde début 2026. Robert Moreno, ancien sélectionneur de l’Espagne et adjoint de Luis Enrique lors de la victoire à l’Euro 2016, a été limogé du FC Sochi (club russe) en raison d’un recours massif à ChatGPT pour diriger l’équipe. Cette décision, qui a conduit à la relégation du club en deuxième division, est devenue un symbole des limites de l’intelligence artificielle dans le sport de haut niveau.
Né en 1977, Robert Moreno a gravi les échelons en Espagne : adjoint de Luis Enrique au FC Barcelone (2014-2017), puis à la Roja (2018-2019), il assure même l’intérim comme sélectionneur principal en 2019 après le limogeage de Luis Rubiales. Il entraîne ensuite le Grenade CF (2021-2022) avant de rebondir à l’étranger. En 2024, il signe au FC Sochi, club de la Premier League russe, avec l’ambition de stabiliser l’équipe et d’éviter la descente. Mais dès son arrivée, les résultats sont catastrophiques : seulement un point pris en sept matchs au début de la saison 2025-2026, une série de quatorze matchs sans victoire et une défense perméable. Moreno est limogé en septembre 2025, laissant le club relégué en First League russe.
Quelques mois plus tard, en janvier 2026, l’ancien directeur général adjoint du club, Andrei Orlov, lâche une bombe dans une interview : selon lui, Moreno utilisait ChatGPT de manière intensive pour presque tout, de la préparation des séances d’entraînement et des plans de récupération, au choix des tactiques et des compositions d’équipe, en passant par la planification des voyages et des itinéraires. Il aurait même utilisé l’IA pour le recrutement, en saisissant des données de joueurs via Wyscout pour obtenir des évaluations de profils. L’un des exemples les plus commentés concerne l’attaquant Shushenachev, recommandé par l’IA comme meilleur choix parmi plusieurs options, mais qui n’inscrit aucun but en dix matchs.
Le clou du scandale est un déplacement à Khabarovsk où ChatGPT aurait suggéré un programme de récupération extrême, consistant à rester éveillé vingt-huit heures d’affilée avant le match pour “optimiser la fatigue”. Moreno l’aurait appliqué sans adaptation, ignorant la physiologie humaine. Les joueurs finissent épuisés et le club s’incline. Orlov accuse l’entraîneur d’avoir délégué son jugement à une IA, créant un manque d’empathie, une obsession pour la possession sans prioriser les coups de pied arrêtés, et provoquant des décisions absurdes.
L’entraîneur espagnol dément fermement ces allégations dans une déclaration : « Je n’ai jamais utilisé ChatGPT (ni aucune IA) pour préparer des matchs, décider des compositions ou planifier des entraînements. Ce sont des accusations infondées. » Il insiste sur le fait que son limogeage est dû aux mauvais résultats, et non à une “obsession technologique”.
Cette histoire pose une question majeure : jusqu’où l’IA peut-elle remplacer l’humain dans le football ? Si Moreno a pu expérimenter des outils numériques comme beaucoup d’entraîneurs modernes, l’excès allégué a servi de bouc émissaire à une saison ratée. Pour le FC Sochi, l’épisode illustre que l’intelligence artificielle peut assister, mais pas remplacer l’expérience, l’instinct et la capacité d’adaptation. Moreno espère désormais rebondir ailleurs probablement sans taper ses plans sur un clavier d’IA. Une leçon coûteuse pour le football russe… et un buzz mondial pour l’intelligence artificielle.

