Le RNDDH dénonce de graves abus à la Direction centrale de la Police judiciaire
Le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH) tire la sonnette d’alarme face à une série d’abus graves attribués au fonctionnement actuel de la Direction centrale de la Police judiciaire (DCPJ). Dans deux lettres adressées au ministre de la Justice, le Dr Patrick Pélissier, et au chef de la Police nationale haïtienne (PNH), Frédéric Leconte, l’organisation dénonce des interventions illégales, des ingérences dans des affaires judiciaires, la protection accordée à des personnes figurant sur la liste de surveillance, ainsi que des soupçons de corruption interne.
Ingérence dans l’affaire Anvayi Hotel et RJ Rent a Car
Le premier point soulevé concerne l’affaire Anvayi Hotel/RJ Rent a Car, une affaire complexe impliquant des perquisitions, des saisies et la confiscation de 63 véhicules entre août et décembre 2024. Selon le RNDDH, le directeur de la DCPJ, Justin Marc, se serait ingéré dans l’affaire sans mandat, alors qu’elle était encore entre les mains de la juge d’instruction Fabienne Bien-Aimé. L’organisation affirme qu’un pot-de-vin de 10 000 dollars américains aurait été versé à la DCPJ le 10 septembre 2025, provoquant l’indignation et des tensions au sein de l’institution. Des policiers de la DCPJ auraient même saisi des véhicules appartenant à RJ Rent a Car pour leur usage personnel.
Visite controversée d’Arnel Bélizaire et contact direct avec des chefs de gangs
Le RNDDH souligne également le comportement du directeur de la DCPJ lors d’un incident survenu le 25 septembre 2025. L’ancien député Arnel Bélizaire, récemment sanctionné par les États-Unis pour son soutien à des activités criminelles, a pu rencontrer la détenue Magalie Habitant sans aucune procédure formelle grâce à ses relations avec le directeur de la DCPJ et le chef de cabinet du directeur général de la PNH.
À sa libération, Bélizaire a diffusé une émission en direct depuis la DCPJ, accompagné de Jimmy Chérizier, alias « Barbecue », et Christ-Roi Chéry, alias « Krisla », tous deux chefs de gangs actifs. Le RNDDH estime que cet acte porte gravement atteinte à la crédibilité de l’institution.
Traitement controversé de l’affaire du journaliste Guerrier Henri
Une autre préoccupation majeure concerne le traitement de l’affaire du journaliste Guerrier Henri, qui fait l’objet d’une enquête pour blanchiment d’argent, enrichissement illicite et liens avec des groupes armés. Après avoir ignoré une convocation de la DCPJ en juillet 2025, le journaliste a néanmoins été reçu en « invité d’honneur » par le directeur Justin Marc le 15 septembre 2025.
Depuis lors, selon le RNDDH, l’enquête est au point mort. Le directeur de la DCPJ empêcherait la collaboration entre le Bureau des affaires financières et économiques (BAFE) et l’UCREF, et refuserait de transmettre certains documents au Bureau des affaires criminelles (BAC), chargé d’enquêter sur les liens entre le journaliste et les membres de Viv Ansanm.
La plus grande saisie de cocaïne de l’histoire récente sans suivi adéquat
Le RNDDH dénonce également le manque de transparence entourant la saisie de 1 045 kilogrammes de cocaïne sur l’île de La Tortue le 13 juillet 2025, la plus importante depuis la création de la DCPJ. Malgré l’ampleur de l’opération, le rapport préliminaire n’a toujours pas été transmis au parquet de Port-de-Paix, quatre mois après les faits. Dans le même temps, l’inspecteur divisionnaire Yitzhak Dorcellus, qui a coordonné l’opération, a été brusquement démis de ses fonctions, officiellement pour des raisons de grade.
Soupçons de corruption pour accélérer les procédures
Enfin, le RNDDH révèle des allégations de corruption liées au traitement des affaires au sein de la DCPJ. L’exemple cité concerne Péniel O Libris, arrêté aux États-Unis pour trafic d’armes puis expulsé vers Haïti en juillet 2025. Selon l’organisation, un accord financier de 6 000 dollars américains aurait permis d’obtenir sa libération rapide par un commissaire adjoint du gouvernement. Les commissaires de division Berson Soljour et Justin Marc seraient tous deux impliqués dans cette affaire.
Le RNDDH appelle à une intervention urgente
Pour l’organisation de défense des droits humains, ces faits cumulés compromettent dangereusement la neutralité, l’intégrité et la crédibilité de la DCPJ, pourtant centrale dans la lutte contre le crime organisé en Haïti. Le RNDDH appelle l’Inspection générale de la PNH à ouvrir des enquêtes, à appliquer des sanctions et à rétablir le fonctionnement normal des unités spécialisées.
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