Les violences numériques, un danger urgent que l’ONU ne veut plus ignorer
Les violences contre les femmes ne se limitent plus à l’espace physique. Aujourd’hui, elles se déplacent en ligne, où elles se multiplient rapidement et deviennent plus difficiles à contrôler. L’ONU tire la sonnette d’alarme : les technologies aggravent les violences déjà existantes, et les États ne réagissent pas assez vite.
Le constat est simple. Le partage d’images intimes sans consentement explose. Le doxxing expose des femmes à des menaces directes en révélant leurs informations personnelles. Les deepfakes permettent de fabriquer de fausses vidéos compromettantes en quelques minutes. Ces outils ne sont plus de simples dérives technologiques : ils sont devenus des armes.
Pour Sarah Hendricks, directrice de la division politique d’ONU Femmes, la situation ne peut plus rester sans réponse. Elle le dit clairement : il faut des lois capables de sanctionner ces violences avant qu’elles ne mènent à des violences physiques, voire mortelles. Aujourd’hui, de nombreuses législations n’intègrent pas ces formes d’attaques, laissant les victimes démunies face à des agressions qui peuvent se répéter à l’infini et se propager instantanément.
Le rapport de l’ONU insiste sur un point : la lutte contre les féminicides ne peut plus être pensée sans intégrer la dimension numérique. Ignorer ces violences revient à laisser un angle mort majeur dans les politiques de protection. Les recommandations sont claires : renforcer les lois, améliorer la prévention et reconnaître officiellement la gravité des violences numériques.
Le message adressé aux gouvernements est direct : l’action doit être coordonnée, solide et immédiate. Sans ça, les violences en ligne continueront de s’amplifier, et leurs conséquences se feront sentir bien au-delà de l’écran

