L’Europe face au bras de fer commercial de Trump : l’option de la riposte économique se précise
La menace de nouveaux droits de douane américains contre plusieurs pays européens marque une escalade inédite des tensions transatlantiques. En réponse, Paris pousse désormais Bruxelles à sortir de sa réserve habituelle et à activer un outil encore jamais utilisé : l’instrument anti-coercition de l’Union européenne.
Pensé comme un bouclier contre les pressions économiques à visée politique, ce mécanisme permettrait à l’UE de frapper là où ça fait mal : restrictions d’importations, exclusion de marchés publics européens, gel de certains investissements étrangers. Une réponse graduée, mais potentiellement lourde de conséquences pour les relations commerciales avec les États-Unis.
Un signal politique fort
Pour Emmanuel Macron, l’enjeu dépasse largement la question des taxes douanières. Il s’agit de défendre la souveraineté européenne face à ce que Paris considère comme une tentative d’intimidation liée à des désaccords géopolitiques, notamment autour du Groenland.
« L’Europe ne peut pas céder au chantage », résume un diplomate européen.
Une unité européenne encore fragile
Si Ursula von der Leyen appelle à une réponse « unie et déterminée », l’activation de l’instrument anti-coercition nécessite une majorité qualifiée des États membres. Certains pays, plus dépendants du commerce avec les États-Unis, restent prudents et redoutent une spirale de représailles.
Un précédent lourd de conséquences
Jamais utilisé depuis sa création, cet instrument constituerait un tournant stratégique pour l’UE : passer d’une puissance commerciale souvent défensive à un acteur capable de riposter frontalement.
Mais il ouvrirait aussi une période d’incertitude, dans un contexte mondial déjà marqué par le retour des guerres commerciales et la remise en cause du multilatéralisme.

