Mexique : la mort d’El Mencho fait planer une menace sécuritaire sur la Coupe du Monde 2026
L’opération militaire menée le 22 février 2026 à Tapalpa, dans l’État de Jalisco, ayant conduit à la mort de Nemesio Rubén Oseguera Cervantes, alias El Mencho, chef du Cartel de Jalisco Nouvelle Génération CJNG, pourrait avoir des répercussions bien au-delà du narcotrafic.
Alors que le gouvernement de la présidente Claudia Sheinbaum présente cette élimination comme un succès majeur contre le crime organisé, les violences qui ont immédiatement suivi soulèvent déjà des inquiétudes quant à la sécurité de la Coupe du Monde de la FIFA 2026, que le Mexique doit coorganiser avec les États Unis et le Canada.
Une vague de violences immédiates
Dans les heures ayant suivi la mort du leader du CJNG, une série d’attaques coordonnées a frappé plusieurs États, notamment le Jalisco. Embuscades contre les forces de sécurité, véhicules incendiés, barrages routiers enflammés et scènes d’émeutes ont plongé plusieurs villes dans le chaos.
À Puerto Vallarta, destination touristique majeure, des commerces ont été pillés, des tirs sporadiques ont été signalés et des survols militaires ont rythmé la journée. Les autorités locales, appuyées par certaines ambassades étrangères, ont recommandé le confinement. Des vols ont été annulés, laissant des milliers de voyageurs bloqués.
Une inquiétude amplifiée par le calendrier
Si ces violences s’inscrivent dans une réaction classique après la chute d’un baron de la drogue, leur calendrier suscite une inquiétude particulière en raison de la proximité du Mondial prévu de juin à juillet 2026.
L’État de Jalisco, actuellement épicentre des tensions, doit accueillir plusieurs rencontres à Guadalajara, l’une des trois villes mexicaines retenues pour la compétition.
Trois risques majeurs pour le Mondial
Cette instabilité fait peser trois risques principaux sur l’événement.
Premièrement, un risque d’image internationale. Des scènes de guérilla urbaine diffusées à quelques mois du tournoi pourraient fragiliser la confiance des supporters étrangers et des partenaires internationaux.
Deuxièmement, un risque logistique. Les blocages routiers, sabotages et attaques visant infrastructures et forces de sécurité démontrent la capacité opérationnelle persistante des cartels, y compris dans des zones à forte vocation touristique.
Troisièmement, un risque politique et sécuritaire. La FIFA pourrait exiger des garanties exceptionnelles, renforcer la coordination sécuritaire internationale ou envisager en dernier recours une relocalisation partielle de certaines rencontres vers les États Unis si la situation venait à se détériorer durablement.
Une victoire tactique, une incertitude stratégique
À court terme, la mort d’El Mencho représente une victoire tactique pour Mexico. Mais sur le plan stratégique, elle ouvre une période d’incertitude marquée.
Les analystes redoutent une guerre de succession au sein du CJNG ainsi qu’une intensification des affrontements avec d’autres organisations criminelles, notamment dans l’ouest du pays. Or, ce type de recomposition violente peut s’étendre sur plusieurs mois.
Un enjeu qui dépasse la lutte antidrogue
Pour le gouvernement mexicain, l’enjeu dépasse désormais la seule lutte contre le narcotrafic. Il s’agit de démontrer que le pays est capable d’assurer la sécurité de millions de visiteurs.
La réussite ou l’échec de cette stabilisation pourrait influencer non seulement l’ampleur de la participation touristique, mais aussi la configuration finale de la Coupe du Monde 2026.

