Mondial 2026 : l’exploit historique des Grenadiers terni par le « travel ban » de Donald Trump
Dans l’euphorie de la qualification historique de la sélection haïtienne de football pour la Coupe du Monde 2026, une ombre vient assombrir la joie des Grenadiers et de leurs fans : le décret migratoire signé par Donald Trump en juin dernier interdit formellement l’entrée des ressortissants haïtiens sur le sol américain. Une décision qui prive potentiellement des milliers de supporters d’un rêve vieux de plus d’un demi-siècle.
L’exploit des Grenadiers, scellé par une victoire 2-0 contre le Nicaragua le 18 novembre dernier, a fait vibrer un pays en proie au chaos. Pour la première fois depuis 1974, Haïti participera au plus grand rendez-vous du football mondial.
Mais cette liesse risque de s’arrêter aux frontières américaines pour la majorité des fans haïtiens. Le 4 juin 2025, le président Trump a promulgué un nouveau « travel ban » restreignant l’entrée aux États-Unis pour les ressortissants de 19 pays, dont Haïti, l’Iran, la Syrie ou encore le Venezuela. Officiellement justifié par des motifs de « sécurité nationale et de santé publique », ce décret suspend visas et entrées pour une durée indéterminée, sans prévoir de dérogations humanitaires. Plus rigide encore que les versions adoptées en 2017, il exclut toute exception, y compris pour un événement d’ampleur mondiale comme le Mondial.
Concernant la Coupe du Monde, Washington a été catégorique : aucune mesure spéciale ne sera accordée aux supporters haïtiens. « Aucune exception n’est prévue pour les fans souhaitant suivre leur équipe », confirme une source du Département d’État citée par Politico. Pour les Haïtiens, ce durcissement s’inscrit dans une longue série d’obstacles : depuis plusieurs années, les matchs des qualifications se jouent déjà hors du pays, à Curaçao ou en République dominicaine, à cause de l’insécurité endémique.
Avec plus de 850 000 Haïtiens établis aux États-Unis, la diaspora pourrait combler partiellement le vide dans les tribunes. Mais pour les supporters restés au pays ou en Amérique latine, c’est une double peine : interdiction de voyager et impossibilité de vivre la fête dans les stades. Les implications pour le Mondial 2026 risquent d’être lourdes. Le tirage au sort du 5 décembre à Miami déterminera si les Grenadiers disputeront une partie de leurs matchs aux États-Unis, où les restrictions s’appliquent, ou dans les autres pays hôtes.
L’Iran, également qualifié et frappé par le ban, pourrait se retrouver dans une situation similaire, avec des tribunes privées de leurs supporters. Gianni Infantino, président de la FIFA, avait déjà prévenu en 2017 qu’une Coupe du Monde sans fans n’était pas une véritable fête du football. Aux États-Unis, le député républicain Mike Lawler a d’ailleurs exhorté l’administration Trump à revoir sa position et à envisager une exception sportive, plaidant pour un minimum de flexibilité.
Alors que le monde du football se prépare à une édition élargie à 48 équipes, cette affaire met en lumière les tensions géopolitiques qui rattrapent même le sport-roi. Haïti, nation pionnière de l’indépendance en 1804, pourrait transformer cette injustice en moteur de cohésion et de fierté. Rendez-vous en juin 2026 : avec ou sans tribunes garnies, les Grenadiers entreront sur le terrain, le drapeau bleu et rouge au vent. Quant aux supporters haïtiens, beaucoup devront continuer à crier leur passion… depuis l’autre côté des frontières.
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