Nicolás Maduro capturé : le deux poids, deux mesures qui condamne Haïti
L’annonce par Donald Trump de la capture de Nicolás Maduro, à l’issue d’une opération américaine menée au Venezuela, n’est pas seulement un événement géopolitique spectaculaire. Elle est un aveu. L’aveu que, lorsque Washington le décide, aucune frontière, aucune souveraineté, aucun prétexte diplomatique ne constitue un obstacle réel.
Selon le président des États Unis, le dirigeant vénézuélien aurait été exfiltré avec sa famille. Une opération éclair, ciblée, chirurgicale. La démonstration d’une puissance capable d’agir vite, fort et sans ambiguïté. Mais cette démonstration pose une question essentielle. Pourquoi cette détermination disparaît elle dès qu’il s’agit d’Haïti ?
Depuis trop longtemps, Haïti est livrée à une violence systémique. Des gangs armés imposent leur loi, contrôlent des territoires entiers, étranglent l’économie, paralysent l’État et plongent la population dans une terreur quotidienne. Leurs chefs sont identifiés, leurs réseaux documentés, leurs sources de financement connues. Pourtant, rien ne bouge, ou si peu.
À la place d’actions concrètes, la communauté internationale, avec les États Unis en tête, aligne communiqués, sanctions symboliques et appels abstraits à une réponse multilatérale. Pendant ce temps, le pays s’effondre. Cette prudence, présentée comme du respect pour la souveraineté haïtienne, sonne creux lorsqu’on observe la souplesse de ce principe ailleurs.
L’annonce de Trump agit alors comme un révélateur brutal. Le drame haïtien n’est pas ignoré par manque d’informations ou de capacités, mais par choix politique. Haïti ne représente ni un enjeu stratégique majeur, ni une menace suffisante pour justifier une intervention résolue. Elle est tolérée dans le chaos.
La capture annoncée de Nicolás Maduro ne célèbre pas seulement la puissance américaine. Elle expose un ordre international cynique et hiérarchisé, où certaines crises exigent une réponse immédiate, tandis que d’autres sont condamnées à l’oubli. Pour les Haïtiens, ce deux poids, deux mesures n’est pas une abstraction diplomatique. C’est une réalité mortelle, vécue chaque jour dans l’indifférence générale.
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