Office National d’Assurance-Vieillesse : précipitation suspecte pour deux nominations à la DSI, un an après l’arrivée de Bazile
Un an après sa prise de fonction à la tête de l’ONA, peu de réalisations tangibles peuvent être attribuées au Directeur général Ronald Bazile. Pourtant, c’est sous son autorité que, le 25 février 2026, deux cadres ont été promus à la Direction des Systèmes Informatiques. Cette accélération, au moment même où des accusations publiques pèsent sur la direction, soulève la question centrale suivante : s’agit-il d’une réelle stratégie de modernisation ou d’une manœuvre destinée à consolider le contrôle interne en période d’incertitude ?
Les nominations en question
Lors de la cérémonie institutionnelle, Carlos Philippe et Marc Antoine Valcourt ont été installés aux postes clés de la DSI. Les autorités présentent ces promotions comme une étape pour accélérer l’informatisation de l’institution et améliorer le service rendu aux assurés et pensionnés. En l’absence d’une feuille de route publique, internes et observateurs réclament des éléments concrets, objectifs, indicateurs et calendrier, qui permettraient de juger de la pertinence de ces choix.
Un contexte politique et administratif sensible
La temporalité de ces décisions alimente les suspicions. Moins d’un mois auparavant, le Directeur général adjoint D’Johnson Absolus D’Johnson Absolus avait publiquement accusé la direction générale de corruption. Dans ce climat de défiance, toute décision managériale majeure est scrutée et interprétée à l’aune du conflit interne. Plusieurs sources internes estiment que renforcer la DSI sans audits et sans transparence sur les critères de sélection revient à concentrer des leviers stratégiques entre des mains dont la légitimité peut être contestée.
Risques techniques et enjeux pour les assurés
La DSI gère des systèmes sensibles : bases de données des assurés, processus de paiement des pensions et historiques contributifs. Une gouvernance technologique fragilisée ou perçue comme politisée ouvre la porte à des risques sérieux : erreurs dans le versement des pensions, accès non contrôlés aux données personnelles, voire manipulation des référentiels. Dans un contexte de méfiance institutionnelle déjà élevé, l’absence de garanties publiques affaiblit encore la crédibilité de l’institution.
Ce que demandent les observateurs
Les interlocuteurs interrogés exigent la publication des critères de sélection et des évaluations professionnelles ayant conduit aux promotions afin de vérifier la compétence réelle des promus. Ils réclament également la mise en place d’un audit externe et indépendant des systèmes d’information pour vérifier l’état des infrastructures, l’intégrité des données et la sécurité des processus. La diffusion d’une feuille de route technique publique précisant objectifs, jalons, budget et indicateurs est jugée indispensable. Enfin, pour garantir la redevabilité, les acteurs demandent l’association des usagers et des représentants du personnel au suivi des projets majeurs.
Conclusion modernisation ou verrouillage
À l’heure où les bénéficiaires attendent des réponses concrètes pour des paiements fiables, un accès sécurisé aux informations et plus de transparence, la précipitation affichée par la direction pose davantage de questions qu’elle n’apporte de solutions. Un an après la prise de fonction du Directeur général, l’absence de résultats tangibles renforce l’impression d’une course aux nominations plutôt que d’un chantier structuré de modernisation.
La décision de promouvoir de nouveaux responsables à la DSI ne sera jugée qu’à l’aune des réalisations effectives : mise en service d’outils opérationnels, amélioration mesurable des délais et de la qualité des prestations et surtout rétablissement de la confiance. D’ici là, assurés, personnels de l’institution et observateurs exigeront des preuves et des comptes.

