ONA : entre promesses et réalités, le défi de Ronald Bazile
Depuis sa prise de fonction à la tête de l’Office National d’Assurance-Vieillesse (ONA), Ronald Bazile a multiplié les annonces de réformes et d’initiatives ambitieuses. Sur le papier, tout semble moderne et prometteur : informatisation, microcrédit, chaire universitaire, promotion au mérite… Mais derrière ces promesses, la réalité est plus nuancée et soulève plusieurs interrogations.
L’amélioration des services aux pensionnés, par exemple, est présentée comme un succès, avec la possibilité de percevoir sa pension dans n’importe quel bureau et via un compte bancaire. Pourtant, sur le terrain, de nombreux assurés continuent de subir des retards, des files d’attente interminables et des dysfonctionnements informatiques. L’informatisation annoncée reste partielle et souffre de problèmes techniques récurrents, rendant la gestion loin d’être fluide.
La création d’une chaire en partenariat avec l’UEH pour former 300 professionnels en droit de la protection sociale en cinq ans est également ambitieuse. Mais certains experts pointent du doigt le risque que ces initiatives restent théoriques, faute d’un véritable plan de suivi et d’intégration de ces diplômés dans l’institution. La formation seule ne garantit pas un changement effectif des pratiques quotidiennes.
Bazile affirme avoir éliminé les pratiques obsolètes et renforcé la transparence. Pourtant, l’image de l’ONA comme institution politisée persiste, et certaines décisions internes restent opaques pour les employés et le public. Les accusations de favoritisme ou de clientélisme, même si elles sont officiellement rejetées, continuent de circuler dans le milieu.
Enfin, les projets financiers tels que ONA Kredi Espwa et les solutions de logement, bien que louables, posent la question de la viabilité et de l’impact réel sur les assurés. Sans audits indépendants et sans indicateurs clairs de suivi, il est difficile de savoir si ces initiatives servent réellement la mission sociale de l’ONA ou simplement la visibilité de sa direction.
En résumé, si Ronald Bazile a effectivement lancé une série de réformes ambitieuses à l’ONA, le chemin vers une institution transparente, efficace et réellement au service des assurés reste long et semé d’incertitudes. Les promesses doivent encore se traduire en résultats concrets, mesurables et durables avant que l’ONA puisse véritablement prétendre à une « nouvelle ère » de la sécurité sociale en Haïti.

