ONA : quand les promotions servent à fabriquer des courtisans plutôt qu’à protéger les assurés
Le Collectif des Assurés et Pensionnés de l’ONA (COAP-ONA) tire la sonnette d’alarme sur des pratiques jugées préoccupantes au sein de l’Office National d’Assurance-Vieillesse. Selon l’organisation, les récentes décisions prises sous l’administration de Ronald Bazile, directeur général de l’institution, témoigneraient d’une dérive où la promotion interne ne repose plus sur le mérite, mais sur la loyauté.
D’après la note de presse, plusieurs employés auraient bénéficié d’avancements entre juillet 2025 et mars 2026 dans le cadre d’un prétendu plan de carrière. Toutefois, le collectif affirme que ces promotions auraient été utilisées pour favoriser certains profils jugés proches de la direction. L’objectif, selon lui, serait de constituer un cercle d’employés chargés de produire des contenus favorables à l’administration, au détriment d’une communication basée sur des résultats concrets.
Cette situation suscite d’autant plus d’indignation qu’elle contraste fortement avec la réalité vécue par les assurés. Le COAP-ONA souligne qu’aucun prêt sur cotisation n’aurait été accordé depuis près de deux ans, privant ainsi de nombreux travailleurs d’un service essentiel. Dans le même temps, les engagements publics peinent à se matérialiser. Sur les 50 000 cartes d’assurance annoncées en juin 2025, seulement 3 000 auraient été imprimées, sans avoir été distribuées jusqu’à présent.
Pour le collectif, ce décalage entre discours et actions traduit une gestion davantage tournée vers l’image que vers le service. Il dénonce une stratégie consistant à multiplier les messages valorisants en interne afin de masquer les insuffisances de l’institution. Dans cette logique, les promotions ne seraient plus un levier de performance, mais un outil de contrôle et de fidélisation.
Le COAP-ONA cite également plusieurs noms parmi les bénéficiaires de ces décisions, notamment Allrich Nicolas, Mozard Lombard, Philippe Delva, Peterson Cenatus et Junior Mangones. Au-delà des individus, c’est le système qu’ils illustreraient qui est mis en cause : une organisation où la reconnaissance serait accordée en fonction de l’alignement plutôt que des compétences.
Plus grave encore, le collectif estime que ces pratiques pourraient viser à détourner l’attention des autorités et de l’opinion publique, dans un contexte marqué par des allégations de corruption et d’irrégularités. Une telle stratégie, si elle est avérée, traduirait une volonté de substitution entre communication et reddition de comptes.
Face à ces dérives, le COAP-ONA met en garde contre les conséquences sur la crédibilité de l’institution. En affaiblissant les principes de transparence et d’équité, ces pratiques risquent de compromettre la mission même de l’ONA, qui est de garantir la sécurité sociale des travailleurs.
Le collectif rappelle enfin que les ressources de l’ONA proviennent des cotisations des assurés et doivent être gérées avec rigueur et intégrité. Il appelle les autorités compétentes, les médias et la société civile à exercer une vigilance accrue afin de préserver la mission de l’institution et de restaurer la confiance des bénéficiaires.
