Où étiez-vous quand il fallait préparer ? La question que personne n’élude
À grand renfort de communiqués et de réunions annoncées en urgence, les autorités veulent aujourd’hui donner l’impression d’une mobilisation totale autour de la participation d’Haïti à la Coupe du Monde 2026. On parle désormais de « séance de travail », de « coordination » et de « fenêtre d’opportunités » à saisir pour le pays.
Mais une question simple, directe, impossible à contourner s’impose :
où étaient ces ministres pendant tout le temps où il fallait justement préparer cette échéance ?
Un événement de cette ampleur ne se découvre pas au détour d’un agenda ministériel. Il se planifie des années à l’avance. Il exige une vision claire, un accompagnement structuré du sport national, un travail diplomatique constant, des investissements dans la jeunesse, dans les infrastructures, dans la représentation internationale. Rien de tout cela ne se construit en quelques réunions tardives.
Pendant que d’autres nations se projetaient, organisaient, soutenaient leurs fédérations et bâtissaient des stratégies cohérentes, ici le silence dominait. Aujourd’hui, on voudrait faire croire qu’une série de rencontres administratives suffira à combler ce retard. Or, on ne rattrape pas en quelques semaines ce qui n’a pas été fait pendant des années.
Cette agitation soudaine ressemble moins à une stratégie qu’à une réaction dictée par l’urgence de communiquer. Comme si l’on cherchait à montrer que l’on agit, plutôt qu’à démontrer que l’on avait anticipé.
L’opinion publique n’attend pas des annonces. Elle attend des preuves.
Elle n’attend pas des déclarations d’intention. Elle attend des résultats.
Elle n’attend pas une mise en scène institutionnelle. Elle attend une politique sportive réelle, continue et assumée.
Car on ne transforme pas un rendez-vous mondial en opportunité par des mots, mais par un travail patient, engagé et visible dans le temps.
Et c’est précisément ce travail-là que beaucoup cherchent encore.

