Pas de sortie de crise sans les femmes, avertit la Coalition FANM YO DESIDE
Alors que la crise multidimensionnelle continue de fragiliser Haïti, la Coalition FANM YO DESIDE hausse le ton et fixe une ligne rouge claire : le mandat du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) arrive à expiration le 7 février 2026, une échéance jugée strictement non négociable. Dans un communiqué rendu public le 2 février 2026, la Coalition appelle à une sortie de transition réaliste, inclusive, de courte durée et juridiquement encadrée, rejetant toute tentative de prolongation déguisée du pouvoir transitoire.
Dans un contexte marqué par l’insécurité généralisée, l’instabilité politique chronique et une crise institutionnelle prolongée, FANM YO DESIDE insiste sur l’urgence de préparer l’après-CPT avec rigueur et responsabilité. Pour la Coalition, il est impératif de rompre avec les transitions floues et interminables qui ont contribué à l’affaiblissement de l’État et à l’érosion de la confiance citoyenne. Après plus de dix années sans élections, le peuple haïtien ne peut plus être maintenu dans l’incertitude politique.
La Coalition estime que la transition post-CPT doit être strictement limitée dans le temps et recentrée sur des objectifs clairement définis : le rétablissement durable de la sécurité, l’instauration d’une stabilité institutionnelle minimale, la réponse à l’urgence sociale et l’organisation d’élections générales libres, crédibles, inclusives et sécurisées. Toute autre orientation serait perçue comme une dérive politique contraire à l’intérêt supérieur de la nation.
FANM YO DESIDE plaide également pour l’ouverture d’un dialogue national inclusif, structuré et sérieux, associant l’ensemble des forces politiques, économiques et sociales du pays. Ce dialogue, selon la Coalition, doit déboucher sur une feuille de route claire, assortie d’un calendrier précis et de mécanismes consensuels de mise en œuvre. Dans cette optique, la création d’un organe indépendant de contrôle et de suivi de la transition est jugée indispensable pour garantir la transparence, la redevabilité et le respect strict des engagements pris.
La question de l’inclusion des femmes occupe une place centrale dans la position de la Coalition. FANM YO DESIDE dénonce l’exclusion persistante des femmes des espaces de décision, rappelant que la composition du CPT, tout comme la nomination de dix délégués départementaux exclusivement masculins, constituent une violation manifeste des principes constitutionnels d’égalité et des engagements internationaux de l’État haïtien. Pour la Coalition, toute gouvernance post-CPT qui reproduirait de tels schémas d’exclusion serait illégitime et politiquement irresponsable.
La Coalition exige ainsi une gouvernance de mission nationale fondée sur la parité femmes-hommes (50 % / 50 %), intégrant des femmes compétentes au cœur des instances décisionnelles. Elle réaffirme que les femmes sont des actrices politiques légitimes, porteuses de solutions et indispensables à toute sortie durable de crise.
Face à l’emprise croissante des gangs armés, FANM YO DESIDE place la sécurité au rang de priorité nationale absolue. Elle appelle au renforcement effectif de la Police nationale d’Haïti et de l’Armée d’Haïti, tout en exigeant le respect immédiat des engagements de la communauté internationale pour le déploiement effectif de la Force de répression des gangs, dans un cadre clair, coordonné et respectueux des droits humains.
La Coalition insiste également sur la protection spécifique des femmes, des filles et des enfants, premières victimes de l’insécurité, des violences sexuelles et des déplacements forcés. Elle réclame des politiques publiques sensibles au genre, adaptées aux réalités des femmes cheffes de famille, des déplacées internes, des jeunes filles-mères, des survivantes de violences sexuelles ainsi que des commerçantes et entrepreneures lourdement affectées par la crise.
En conclusion, FANM YO DESIDE rappelle que les femmes ne sont ni des figurantes ni des alibis démocratiques. Elles sont des actrices politiques à part entière et des piliers essentiels d’une gouvernance juste, équitable et durable. Sans leur participation pleine et entière, prévient la Coalition, il n’y aura ni légitimité, ni stabilité, ni démocratie durable. Haïti ne se reconstruira pas sans les femmes.

