Port-au-Prince : Noël dans les camps, entre résignation et colère des déplacés internes
Noël, souvent synonyme de joie et de rassemblement, revêt une toute autre signification dans les camps de déplacés en Haïti. Si jadis cette période rimait avec lumières, pluies d’étoiles et pétards, aujourd’hui, dans les camps, elle se résume à de mauvaises odeurs et à des prélarts.
Pour Rasta, un jeune du site de l’OPC, célébrer Noël dans ces conditions relève de l’inhumain. Il accuse les autorités de profiter de leur misère sans apporter de solutions concrètes. Dès lors, il ne voit pas comment quelqu’un peut aspirer à fêter Noël dans de telles conditions.
Marvens, élève de la NS4 et habitant d’un camp situé près du ministère de la Planification, partage ce sentiment d’impuissance. La fête semble bien loin de ces personnes, désormais catégorisées, ostracisées et discriminées, alors que les balais distribués constituent les seuls signes d’une célébration à venir. Les rares décorations lumineuses témoignent d’un Noël en décadence, perdu dans le tumulte quotidien.
Les camps illustrent une souffrance persistante, alimentée par des promesses non tenues, selon la plupart des déplacés internes. Nana, toujours souriante malgré tout, vend ses potions secrètes de clairin en soupirant face à l’esprit festif évanescent des Noëls d’antan. Les kiosques musicaux dressés devant certains camps rappellent un passé plus heureux, mais ne font qu’accentuer la nostalgie ambiante.
Les promesses d’aides et de subventions se heurtent à l’indifférence et au désespoir des déplacés, conscients que leur situation pourrait perdurer encore de nombreux Noëls. L’attente se poursuit, faute de véritable choix, dans l’espoir qu’un jour la magie de Noël renaisse enfin parmi eux. Ils appellent les autorités à faire en sorte que ce Noël soit le dernier passé sous des prélarts et dans cette promiscuité déconcertante.
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