Port d’armes en Haïti : Quand la sécurité privée devient un privilège
La récente fusillade dans un bar de la région métropolitaine, qui a fait plusieurs blessés, relance le débat sur le port d’arme en Haïti. Alors que les citoyens ordinaires subissent les conséquences de l’insécurité galopante, certains privilégiés, personnalités politiques, membres de l’élite économique ou simples proches de puissants, s’offrent le luxe d’être escortés par des gardes du corps lourdement armés, même dans des lieux qui ne le justifient pas.
Les scènes sont devenues courantes à Port-au-Prince, des cortèges de véhicules blindés, escortés par des policiers ou des agents de sécurité privée, paralysent la circulation pour permettre à leur protégé, souvent un proche de personnalité influente plutôt qu’un haut fonctionnaire, d’accéder à des restaurants ou lieux de loisirs. Cette pratique contraste cruellement avec les commissariats qui manquent d’effectifs pour répondre aux urgences de la population.
Les abus sont multiples. Des ressources policières limitées sont détournées vers des missions de protection personnelle au détriment de la sécurité collective. Certains convois violent régulièrement le code de la route avec une impunité flagrante. Pire, la frontière entre sécurité légitime et exhibition de force devient de plus en plus floue, dans un contexte où la circulation illégale d’armes alimente l’insécurité.
Après le récent incident, des voix s’élèvent pour demander une meilleure allocation des ressources policières. La priorité devrait aller à la protection de l’ensemble des citoyens plutôt qu’à la sécurité individuelle de quelques privilégiés. Un audit sur les escortes policières et un renforcement du contrôle des agences de sécurité privée apparaissent comme des pistes urgentes à explorer.
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