Préparation du Mondial : des cadres des Grenadiers dénoncent le manque de communication de la FHF
En ce mois de janvier 2026, alors que la sélection nationale haïtienne savoure encore sa qualification historique pour la Coupe du Monde 2026, une première depuis 1974, une polémique inattendue vient ternir l’euphorie. Deux cadres des Grenadiers, Jean-Ricner Bellegarde (Wolverhampton Wanderers) et Josué Casimir (AJ Auxerre), ont publiquement critiqué la Fédération Haïtienne de Football (FHF) après avoir appris via Instagram l’organisation de deux matchs amicaux prévus en mars.
La controverse est née sous une publication annonçant deux rencontres de préparation pour la prochaine trêve internationale. Dans les commentaires, les réactions des joueurs ont été particulièrement explicites. « Donc on a des matchs amicaux, on apprend nos adversaires sur Instagram », a écrit Bellegarde. Casimir a renchéri avec ironie : « Mèsi Instagram pou enfòmasyon a kounya… », avant de conclure par un appel au respect mutuel.
Les matchs annoncés opposeront Haïti à la Tunisie et à l’Islande au BMO Field de Toronto, un choix logistique cohérent compte tenu de la forte diaspora haïtienne au Canada et des contraintes sécuritaires qui empêchent la tenue de rencontres internationales dans le pays. Ces confrontations s’inscrivent dans la préparation du groupe C du Mondial (Haïti, Brésil, Maroc, Écosse), dont les matchs se joueront aux États-Unis en juin.
Au-delà du simple incident, l’affaire pointe une problématique récurrente : la relation fragile entre la Fédération et une génération de joueurs majoritairement formés ou évoluant en Europe, exigeants en matière de standards d’organisation. Apprendre des informations stratégiques par voie publique est perçu par eux comme un manque de respect et une preuve d’amateurisme.
Dans ce contexte, la FHF est depuis plusieurs années ciblée pour sa gestion jugée chaotique, retards administratifs, décisions unilatérales, communication déficiente, et relations tendues avec ses talents. Le débat a divisé les supporters, si certains soutiennent les joueurs, d’autres estiment que les critiques sont disproportionnées à l’heure où le pays fête déjà une qualification historique.
À cinq mois de l’échéance planétaire, l’incident rappelle que la réussite sportive ne suffira pas à elle seule. La préparation d’une Coupe du Monde exige une cohérence institutionnelle et un dialogue opérationnel fluide entre la FHF, le staff et les joueurs. Des fissures aujourd’hui symboliques pourraient devenir problématiques à mesure que l’événement approche.
À ce jour, la Fédération n’a pas réagi officiellement aux commentaires. L’affaire continue de faire couler de l’encre au sein de la communauté footballistique haïtienne.
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