Prison civile de Saint-Marc : une crise sanitaire à ciel ouvert menace la population
Une odeur pestilentielle sature les abords de la prison civile de Saint-Marc, provoquant l’indignation des riverains et des fidèles de l’église catholique voisine. À l’origine de cette nuisance : des conditions sanitaires alarmantes à l’intérieur de l’établissement pénitentiaire, où les détenus, privés de toilettes fonctionnelles, sont contraints de faire leurs besoins dans des sachets plastiques qu’ils jettent ensuite dans l’arrière-cour.
Depuis plusieurs semaines, cette situation insupportable ne fait qu’empirer. Selon des témoignages recueillis sur place, les toilettes seraient pleines et inutilisables, faute d’entretien ou de vidange régulière. Dans ce contexte d’extrême dégradation, les détenus n’ont d’autre choix que d’utiliser des sacs jetables pour se soulager. Ces « toilettes volantes », comme on les appelle dans d’autres contextes d’urgence, s’accumulent aujourd’hui derrière les murs de la prison, tout près de l’église catholique de la ville.
Les conséquences sont graves. Outre l’odeur insoutenable, le risque de propagation de maladies liées à la contamination fécale — comme le choléra ou la typhoïde — devient réel. La zone n’étant ni désinfectée ni sécurisée, les matières fécales se déversent à l’air libre, menaçant les sols, les nappes phréatiques et la santé publique.
Cette crise sanitaire ne tombe pas du ciel. Elle s’inscrit dans un contexte carcéral déjà dramatique : surpopulation, insalubrité chronique, alimentation insuffisante et violences internes. Selon les données disponibles, la prison de Saint-Marc accueille entre 500 et 550 détenus dans des conditions indignes, avec un ratio d’un agent pénitentiaire pour 110 prisonniers. À cela s’ajoutent les conséquences encore visibles des émeutes du 16 août 2024, qui ont gravement endommagé les infrastructures du centre, sans qu’aucune réparation significative n’ait été entreprise depuis.
Le silence des autorités pénitentiaires et sanitaires face à cette situation est dénoncé par plusieurs organisations, dont la Fondasyon Je Klere (FJKL), qui a récemment alerté sur les dérives de gestion au sein de l’établissement. Une intervention d’urgence est désormais indispensable : vidange des toilettes, désinfection des zones contaminées, mise en place de toilettes mobiles temporaires et collecte régulière des déchets humains.
Mais au-delà de la réponse immédiate, c’est toute la politique de gestion des établissements pénitentiaires haïtiens qu’il faut revoir. Les prisons ne peuvent pas continuer d’être des zones de non-droit où la dignité humaine est systématiquement piétinée. À Saint-Marc comme ailleurs, la santé publique et la sécurité environnementale exigent des mesures fortes. Faute de quoi, c’est toute la communauté qui continuera d’en payer le prix au propre comme au figuré.
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