Protestation : des avocats exigent la révocation du commissaire du gouvernement de Port-au-prince, Me Frantz Monclair
Plusieurs avocats ont organisé un sit-in ce lundi 21 juillet 2025 devant les locaux du tribunal de première instance de Port-au-Prince, à Puits-Blain, un quartier de la commune de Delmas.
Par ce mouvement, ils entendaient dénoncer ce qu’ils qualifient de dérives graves et inacceptables de la part du commissaire du gouvernement, Me Frantz Monclair.
Dès les premières heures de la matinée, les avocats ont bloqué l’entrée du Palais de Justice de la capitale, empêchant le commissaire Monclair d’accéder à son bureau. Leur message était clair : ils exigeaient sa révocation immédiate. À travers des slogans, des discours et des barricades symboliques, les manifestants ont dénoncé un climat de corruption, d’impunité et de désordre moral au sein du Parquet de Port-au-Prince.
« Ce n’est plus un Parquet, c’est devenu un lieu de gouyad et de rançon ! », a lancé un avocat furieux, affirmant que des objets compromettants, tels que des préservatifs usagés, auraient été retrouvés dans le bureau du commissaire.
Les manifestants accusent Me Monclair de monnayer les plaintes et de transformer la justice en un commerce lucratif, où seuls ceux qui paient peuvent espérer obtenir une oreille attentive.
La protestation des avocats ne sort pas de nulle part. Depuis plusieurs semaines, des voix s’élèvent au sein de la magistrature pour dénoncer l’opacité et les pratiques douteuses de certains juges. Mais jamais une action aussi frontale n’avait été entreprise. En bloquant l’accès au cœur même du pouvoir judiciaire à Port-au-Prince, les avocats posent un acte fort et symbolique, révélateur d’un ras-le-bol généralisé.
Un malaise plus profond
Cette mobilisation s’inscrit dans un contexte national de tensions multiples. Si d’autres groupes de protestataires se font également entendre à Léogâne et dans l’Artibonite, c’est le cri d’alarme lancé par les avocats qui retient le plus l’attention ce lundi. Ils dénoncent l’effondrement de l’État de droit et appellent les autorités compétentes, notamment le Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ), à assumer leurs responsabilités.
« Si la justice perd toute crédibilité, c’est toute la société qui va sombrer », a alerté un autre avocat manifestant, appelant à une réforme urgente du système judiciaire.
Alors que le pays est déjà en proie à la violence armée et à l’instabilité politique, cette révolte judiciaire jette une lumière crue sur la profonde crise institutionnelle qui mine Haïti. Le silence des autorités sur le cas du commissaire Frantz Monclair ne fait qu’attiser la colère de ceux qui croient encore en une justice digne de ce nom.
Pour les avocats mobilisés, la lutte ne fait que commencer.
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