Stephora Joseph : un drame qui s’obscurcit, entre accusations, silence et soupçons de racisme
Le décès de Stephora Joseph, 11 ans, continue d’ébranler la République dominicaine, tant les zones d’ombre semblent s’accumuler autour d’une affaire que beaucoup considèrent désormais comme un scandale national. Officiellement, la fillette serait morte noyée lors d’une sortie scolaire dans une villa avec piscine, près de Santiago. Mais l’enquête menée par les journalistes dominicains Esteban Rosario et Delvis Durán propose un récit tout autre, bien plus inquiétant.
Selon leurs déclarations publiques, Stephora n’aurait pas succombé à un accident. Ils affirment que trois camarades de classe, âgés de 12 à 13 ans, auraient joué un rôle direct dans sa mort. D’après leur enquête, les garçons auraient entraîné Stephora dans la piscine avant de la pousser sous l’eau à plusieurs reprises, jusqu’à ce qu’elle ne parvienne plus à remonter. L’un d’eux serait connu pour son comportement violent.
Les journalistes avancent également l’hypothèse de motivations racistes et xénophobes. Stephora, brillante élève parlant « trois à quatre langues », aurait été victime d’insultes répétées en raison de sa peau noire et de ses origines haïtiennes. Rosario et Durán rapportent qu’un mois avant le drame, l’enfant serait rentrée chez elle en sanglots, confiant à sa mère : « Manmi, mwen vle chanje koulè po mwen. »
Ces allégations, d’une gravité exceptionnelle, mériteraient une enquête transparente. Pourtant, l’école et les autorités judiciaires dominicaines demeurent silencieuses. Aucune autopsie communiquée, aucun rapport préliminaire, et selon les journalistes un refus persistant de montrer à la famille les images des caméras de surveillance.
Dans ce silence assourdissant, une certitude s’impose : la mort de Stephora Joseph ne peut être réduite à un simple « accident ». La vérité, elle, attend toujours d’être dite.

