Thomassique : entre promesses politiques et désillusion citoyenne après la visite de l’ASE
La récente visite de Cholzer Chancy et de membres de Alliance pour une société sans exclusion (ASE) dans la commune de Thomassique, présentée comme une initiative de dialogue et de proximité, continue de susciter de vives critiques, renforcées par plusieurs témoignages de citoyens ayant pris part à la rencontre.
Contrairement à l’image d’un échange constructif, certains participants décrivent une activité largement dominée par des discours politiques. « Nou te vini ak anpil espwa, men se menm pawòl nou toujou tande yo », témoigne Marie-Claire, une commerçante de la zone. Elle affirme que les préoccupations concrètes, comme l’état des routes et l’accès à l’eau potable, n’ont pas reçu de réponses claires.
Un jeune membre de la communauté, présent à l’invitation de Organisation des jeunes unis pour le développement de Thomassique (OJUDT), partage un constat similaire : « Yo pale de devlopman, men yo pa di kijan sa ap fèt. Nou bezwen aksyon, pa sèlman bèl diskou. » Selon lui, la jeunesse locale attend des engagements précis et mesurables, plutôt que des promesses générales.
D’autres témoignages mettent en lumière un sentiment de lassitude face aux initiatives politiques répétitives. « Chak fwa gen vizit konsa, yo di yo pral fè anpil bagay, men apre sa nou pa janm wè yo ankò », déplore Jean Robert, un agriculteur de la commune. Il souligne que les conditions de vie restent inchangées malgré les nombreuses visites de responsables politiques au fil des années.
Même parmi ceux qui ont apprécié l’effort de déplacement de Cholzer Chancy, des réserves persistent. « Se yon bon bagay yo vini pale ak nou, men sa pa sifi. Nou bezwen swivi », explique une enseignante, insistant sur la nécessité d’un engagement à long terme plutôt que d’actions ponctuelles.
Ces témoignages traduisent un décalage évident entre le discours officiel de Alliance pour une société sans exclusion et le ressenti d’une partie de la population de Thomassique. Pour beaucoup, cette visite illustre une fois de plus le manque de résultats concrets issus des promesses politiques.
Face à cette situation, plusieurs citoyens appellent à une nouvelle manière de faire de la politique, basée sur la transparence, la responsabilité et surtout des actions tangibles. Sans cela, préviennent-ils, la méfiance envers les acteurs politiques risque de continuer à s’intensifier.
