Transition politique : les signataires de l’Accord de Montana mettent en garde le gouvernement
Dans une lettre ouverte datée du 19 février 2026, l’Assemblée des signataires de l’Accord de Montana a lancé un appel solennel aux membres du gouvernement actuel, les exhortant à respecter les principes républicains et à veiller à la sauvegarde des institutions nationales dans un contexte de transition particulièrement tendu.
Une alerte face à une situation jugée critique
Les auteurs du document, issus de l’Accord de Montana, estiment que le pays traverse une phase marquée par un vide au plus haut niveau de l’État, accompagné d’une confusion institutionnelle susceptible d’aggraver la crise politique.
Selon eux, cette conjoncture exige des autorités publiques un attachement strict aux règles de droit afin d’éviter toute dérive pouvant fragiliser davantage la gouvernance nationale.
La question de la légalité au cœur du débat
La lettre rappelle que, dans l’interprétation des signataires, même en cas de vacance présidentielle, l’exercice du pouvoir exécutif ne peut être concentré entre les mains d’une seule personnalité. Ils soutiennent que la continuité de l’État doit être assurée de manière collégiale par l’ensemble des ministres, conformément aux principes du droit public.
Les signataires contestent ainsi toute action entreprise après la révocation de Alix Didier Fils-Aimé par le Conseil Présidentiel de Transition, considérant que celui-ci ne disposerait plus de qualité légale pour engager l’administration publique.
Un appel à la responsabilité individuelle des ministres
Au-delà de la controverse juridique, le texte s’adresse directement aux membres du gouvernement, les invitant à ne pas cautionner, par leurs actes ou leur silence, des décisions qu’ils jugent contraires à l’ordre républicain.
Ils rappellent que chaque ministre demeure responsable de ses choix devant la nation, indépendamment des rapports hiérarchiques ou des circonstances politiques.
Cette mise en garde insiste sur la nécessité, pour les autorités en place, de privilégier la légalité, la transparence et l’intérêt supérieur du pays dans la gestion de la transition.
La crainte d’une concentration du pouvoir
Les rédacteurs expriment également leur inquiétude face à ce qu’ils perçoivent comme une tentative de personnalisation de l’exécutif. Ils estiment qu’un pouvoir trop centralisé risquerait d’affaiblir la crédibilité du processus de transition et d’exposer davantage les institutions à l’instabilité.
Pour eux, la sortie de crise doit reposer sur un équilibre institutionnel, capable de garantir à la fois l’autorité de l’État et le respect des mécanismes démocratiques.
Une prise de position politique assumée
La lettre est notamment signée par plusieurs membres du comité de pilotage, dont Jean Hénold Buteau, Francisco Alcide et Yves A. Jose.
Ces derniers affirment rester convaincus qu’il existe encore, au sein des institutions, des acteurs capables de faire prévaloir le droit, la raison et l’intérêt collectif.
Un enjeu majeur pour la crédibilité de la transition
En toile de fond, cette prise de parole souligne les tensions persistantes autour de la gouvernance de la période transitoire. Les signataires estiment que les décisions prises aujourd’hui auront un impact durable sur la stabilité politique, la confiance citoyenne et l’avenir institutionnel du pays.
Ils appellent finalement les autorités à éviter toute impasse politique et à privilégier une gestion concertée, seule capable, selon eux, de restaurer la crédibilité de l’État et de préparer un retour à un ordre constitutionnel normal.

