Un an après la tragédie de l’Hôpital Général, l’ancien ministre de la Santé appelle à la résilience
À l’occasion du premier anniversaire des violences qui ont entaché la tentative de réouverture de l’Hôpital Général, le Dr Duckenson Lorthé Blema, ancien ministre de la Santé publique, a adressé un message fort au peuple haïtien, réaffirmant son engagement et appelant à ne pas capituler face à l’abandon de l’État.
Dans une déclaration rendue publique ce 23 décembre 2025, l’ancien ministre commémore l’un des jours les plus sombres de l’histoire de la santé publique en Haïti. Le 24 décembre 2024, une cérémonie symbolique de relance du principal centre hospitalier du pays avait tourné au drame lorsque des gangs armés ont ouvert le feu, tuant deux journalistes et un policier, et blessant plusieurs civils.
« Cela aurait dû être un jour de renaissance. Mais ce jour-là, des gangs armés ont décidé de tirer sans pitié », écrit le Dr Blema, qui occupait alors le poste de ministre. Il rappelle que, malgré des garanties de sécurité, les forces chargées de protéger les lieux n’ont pas rempli leur mission, et qu’un chef de gang a même revendiqué le contrôle de la zone sur les réseaux sociaux.
Face à l’inaction de l’État, « Pas de réaction. Pas d’opération. Pas de mandat. Pas de justice », l’ancien ministre a présenté sa démission deux jours après les événements, estimant que le pouvoir en place n’avait pas le courage de soutenir la vérité, ni le peuple, ni la vie.
Un an plus tard, l’Hôpital Général demeure fermé, une situation que le Dr Blema qualifie de blessure qui ne veut pas guérir pour la nation. Bien que n’ayant plus le pouvoir de l’État, ni d’armes, ni d’armée, il affirme détenir quelque chose de plus puissant : sa conscience, sa vérité et son peuple.
Dans son message, il prend un engagement solennel : «Nous n’oublierons pas. Nous n’aurons pas peur. Nous n’abandonnerons pas. » Il appelle à une mobilisation pour que la réouverture de l’hôpital soit reconnue non comme une faveur, mais comme un droit fondamental pour tous les Haïtiens.
« Le 24 décembre ne m’a pas enlevé ma valeur. Il a réveillé mon courage. Il m’a montré ce dont ce pays a besoin : des dirigeants qui ne fuient pas, qui ne vendent pas leur âme, qui ne reculent pas devant la violence ni devant la peur », conclut l’ancien ministre, en exprimant sa foi en la capacité de reconstruction du système de santé et en la résilience du peuple haïtien.
Ce témoignage intervient dans un contexte de crise persistante du secteur sanitaire haïtien, marquée par la fermeture prolongée de plusieurs infrastructures vitales et la précarité de l’accès aux soins pour une grande partie de la population.

