Un consul haïtien limogé après avoir refusé de financer le séjour privé de la famille d’un conseiller présidentiel
La révocation, ce 22 décembre, du consul général par intérim d’Haïti à Santiago, Stephen Junior Cherenfant, serait liée à son refus de faire supporter par les fonds publics le séjour privé de la famille d’un conseiller présidentiel. C’est ce qui ressort d’une note explicative adressée au ministère des Affaires étrangères, dans laquelle l’ancien diplomate expose les raisons de sa décision.
Dans un document officiel référencé « DRH/4169 » et signé par le ministre des Affaires étrangères Jean-Victor Harvel Jean-Baptiste, Stephen Junior Cherenfant a été informé de la fin immédiate de ses fonctions de consul, chef de poste par intérim. La correspondance ne mentionne aucun motif justifiant cette mesure.
Dans une note datée du 22 décembre 2025, transmise en réaction à son limogeage, M. Cherenfant détaille les événements ayant précédé son éviction. Il indique avoir été contacté le 15 décembre par le conseiller présidentiel Emmanuel Vertilaire, l’informant de l’arrivée prochaine de son épouse et de leurs deux enfants à Santiago, dans le cadre d’une visite à caractère privé.
Sur instruction du conseiller, le consul affirme s’être rendu à la frontière de Dajabón afin d’accueillir la famille, avant de faciliter leurs formalités migratoires et leur hébergement. Il précise avoir ensuite accompagné les visiteurs jusqu’à Santiago, allant jusqu’à avancer des fonds personnels pour couvrir une nuit d’hôtel et un repas.
Selon son récit, le différend serait apparu le 16 décembre, lorsque la famille aurait sollicité la prise en charge, par le consulat, de la location de quatre chambres dans un hôtel de catégorie Marriott, ainsi que de dépenses liées à des activités personnelles, notamment du shopping. Face à cette demande, M. Cherenfant affirme avoir opposé un refus, invoquant l’absence de toute disposition budgétaire autorisant le financement de dépenses liées à une visite privée ou touristique de membres de la famille d’un conseiller présidentiel.
L’ancien consul soutient avoir agi dans le strict respect des règles de gestion des finances publiques, estimant que son devoir était de protéger les ressources de l’État et de se conformer aux principes de bonne gouvernance et de transparence. Il affirme que sa décision s’inscrivait dans l’intérêt supérieur de l’administration publique haïtienne.
À ce stade, ni le ministère des Affaires étrangères ni le conseiller présidentiel cité n’ont officiellement réagi aux informations contenues dans cette note. Cette affaire met en lumière les tensions possibles entre les exigences administratives imposées aux diplomates et certaines attentes émanant des hautes sphères politiques, dans un contexte où les autorités haïtiennes affichent régulièrement leur volonté de promouvoir une gestion rigoureuse et transparente des fonds publics.
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