Zenglen : Jean Brutus Derissaint revient sur les zones d’ombre du groupe
Au cours d’un entretien récent, Jean Brutus Derissaint, figure centrale et chef d’orchestre de Zenglen, a apporté sa version des faits sur plusieurs épisodes marquants de la vie interne du groupe. Sans détour, il a évoqué les tensions passées, les départs d’artistes connus et les malentendus persistants autour de la gestion financière et des droits musicaux.
D’après le maestro, les différends qui ont conduit certains musiciens historiques à s’éloigner de Zenglen trouvent principalement leur source dans la répartition des revenus. À l’en croire, une inégalité s’était installée au début des années de grand succès du groupe, générant frustration et incompréhension chez plusieurs membres. Il cite notamment la période suivant l’album « 5 Étoiles », durant laquelle un collaborateur clé, Richie, aurait perçu des montants largement supérieurs à ceux des autres artistes impliqués.
Jean Brutus Derissaint insiste toutefois sur un point précis : selon lui, Richie n’était pas membre officiel de Zenglen mais plutôt un producteur et collaborateur rémunéré à la tâche. Il affirme avoir personnellement assumé de lourdes charges financières pour payer les productions réalisées, tout en rappelant que les enregistrements finaux appartiennent juridiquement au groupe. Pour le maestro, cette précision est essentielle afin de lever toute ambiguïté sur la propriété du catalogue musical.
Malgré les conflits qui ont jalonné son parcours, Zenglen reste, à ses yeux, une institution majeure de la musique haïtienne. Il décrit le groupe comme une structure ouverte, qui n’aurait jamais fermé la porte à ses anciens membres. Évoquant le cas de la chanteuse Gracia, il assure qu’un retour reste possible si elle le souhaite, soutenant n’avoir jamais exclu volontairement un artiste de la formation.
Le chef d’orchestre a également tenu à répondre à une accusation récente le mettant en cause dans une affaire de faux passeport américain. Il rejette catégoriquement ces allégations, parlant d’une affirmation sans fondement.
Ces déclarations relancent un débat ancien mais toujours sensible autour de l’histoire interne de Zenglen. Entre souvenirs de gloire, divergences de versions et volonté affichée d’apaisement, cette prise de parole remet en lumière les coulisses complexes d’un groupe qui continue de marquer la scène musicale haïtienne.

