220 ans après la mort de Dessalines, Hans Joseph assimile la corruption à une nouvelle forme d’oppression en Haïti
À l’occasion du 220e anniversaire de l’assassinat de Jean-Jacques Dessalines, l’ancien directeur général de l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC), Hans L. Joseph, a rendu hommage au père fondateur de la nation en dénonçant la dilapidation des fonds publics et les décisions politiques favorisant la corruption, qu’il considère comme contraires à l’idéal dessalinien.
Dans sa déclaration, Hans Joseph désigne comme les véritables oppresseurs du peuple haïtien les responsables ayant dilapidé les ressources publiques ou adopté des décrets propices à la corruption. Selon lui, ce phénomène constitue aujourd’hui la principale source de l’insécurité qui frappe le pays.
L’ancien directeur général de l’ULCC établit ainsi un parallèle entre le combat historique de Dessalines contre l’oppression et les défis auxquels Haïti demeure confrontée. Il estime que les pratiques de corruption trahissent les principes de liberté, de souveraineté et de défense des intérêts nationaux portés par le fondateur de l’indépendance.
Cette prise de position intervient alors que Hans Joseph revendique un bilan de plus de 68 rapports produits durant son passage à la tête de l’ULCC. Ces travaux ont notamment mis en cause des conseillers-présidents, des ministres et des directeurs généraux. Certains responsables visés font aujourd’hui l’objet d’inculpations pour des faits présumés de corruption.
Face à cette situation, l’ancien responsable de l’institution anticorruption plaide pour un assainissement de l’appareil étatique, notamment par l’éviction des responsables impliqués dans des pratiques corruptives. Il considère cette démarche comme une nécessité pour rompre avec un système qui, selon lui, compromet les intérêts fondamentaux de la population.
À travers cette intervention commémorative, Hans Joseph replace la lutte contre la corruption au cœur de la réflexion sur l’héritage dessalinien. Deux cent vingt ans après l’assassinat de l’empereur Jacques Ier, survenu le 17 octobre 1806 au Pont-Rouge, son message soulève la question de la fidélité des dirigeants haïtiens aux idéaux ayant présidé à la fondation de la nation.
