Artibonite : Sandra Paulemon veut transformer les potentialités du département en moteurs de développement

Ennery, 8 septembre 2026 — Agriculture, investissements publics, aménagement du territoire et valorisation du patrimoine : les grands enjeux de développement de l’Artibonite étaient au cœur des échanges, mardi à Ennery, lors de la Table départementale de concertation présidée par la ministre de la Planification et de la Coopération externe, Dre Sandra Paulemon. Autorités locales, services déconcentrés de l’État, société civile et partenaires techniques et financiers ont pris part à cette rencontre.
Miser sur les forces de l’Artibonite
La ministre a placé le potentiel agricole du département au centre de son intervention. Avec ses terres fertiles, ses ressources en eau et surtout la vallée de l’Artibonite, principal bassin rizicole du pays, le département dispose d’importants leviers économiques. La production de maïs, de sorgho, de haricots, de bananes, de fruits, de cultures maraîchères et de mangues constitue également une base susceptible de soutenir davantage l’économie locale.
À cette richesse agricole s’ajoute un patrimoine historique et culturel majeur. Les Gonaïves, Marchand-Dessalines, le Fort de la Crête-à-Pierrot, le Palais aux 365 portes ainsi que les Lakous Souvenance, Soukri et Badio témoignent du potentiel touristique et culturel de la région. Le fleuve de l’Artibonite, le plus long du pays, représente également une ressource stratégique.
Pour Dre Sandra Paulemon, le véritable défi est toutefois de dépasser le stade du potentiel. Elle appelle à une transformation de ces ressources en activités économiques capables de générer des emplois, des revenus et de nouvelles opportunités pour les populations.
Rapprocher la planification des territoires
La rencontre a également permis de mettre en avant la nécessité d’une planification davantage adaptée aux réalités locales. Pour la ministre, les politiques publiques ne peuvent être efficacement conçues sans tenir compte des besoins, des contraintes et des possibilités propres à chaque département.
Dans cette perspective, les directions départementales du MPCE sont appelées à jouer un rôle plus important dans l’identification des priorités, la coordination des interventions et le suivi des projets. Le directeur départemental du MPCE dans l’Artibonite, Alex Céus, a salué cette orientation et annoncé sa volonté de maintenir cette dynamique.
Le délégué départemental, Quéson Jean-Louis, a de son côté attiré l’attention sur plusieurs difficultés auxquelles le département est confronté, notamment en matière de circulation de l’information sur les projets. Il a plaidé pour une meilleure coordination entre les différents acteurs intervenant sur le terrain.
Des investissements aux résultats concrets
Les participants ont également été informés sur le suivi-évaluation du Programme d’investissement public, les instruments de planification spatiale et les interventions des ONG dans l’Artibonite. La ministre a, pour sa part, présenté un aperçu des investissements publics inscrits au Programme d’investissement public rectificatif 2025-2026.
Derrière cette démarche, l’objectif affiché est de faire en sorte que les concertations départementales débouchent sur des décisions et des actions concrètes. Après l’Artibonite, le MPCE prévoit de poursuivre cette approche dans le Grand Sud, avec l’ambition de mieux faire remonter les priorités des territoires et d’orienter les investissements publics vers les secteurs susceptibles de produire un impact réel sur les populations.
La rédaction
