AYITI-NOU VLE VIV célèbre 70 mères déplacées et leur remet une enveloppe de soutien à l’occasion de la Fête des Mères

Port-au-Prince, 31 mai 2026 — Dans un contexte marqué par la crise sécuritaire et les déplacements forcés de milliers de familles à travers le pays, l’organisation socio-politique AYITI-NOU VLE VIV a placé la solidarité au cœur de la célébration de la Fête des Mères. À travers une activité organisée le dimanche 31 mai à Delmas 73, au local Lyz Garden, l’organisation a rendu hommage à 70 mères déplacées internes, auxquelles une enveloppe de soutien a été remise afin de les accompagner dans le développement de petites activités génératrices de revenus.
Cette initiative s’inscrit dans la vision sociale de la structure, qui affirme sa volonté de demeurer proche des couches les plus vulnérables de la population. L’événement a réuni plusieurs femmes issues de différents sites d’hébergement provisoire de la région métropolitaine, notamment à Bourdon, Delmas et Tabarre, durement affectés par les conséquences de la violence et des déplacements forcés.
L’activité s’est déroulée en présence de plusieurs personnalités de l’administration publique, parmi lesquelles Joseph Gérald Salomon, nouveau Secrétaire général de la Délégation départementale de l’Ouest, ainsi que Johny Raphaël, Directeur général de la Caisse d’Assistance Sociale (CAS). Les deux responsables ont tenu à venir saluer les mères bénéficiaires et à partager un repas avec elles dans une ambiance fraternelle. Leur présence a été chaleureusement saluée par les participantes, qui y ont vu un témoignage de considération envers les femmes déplacées et leurs familles.
Le responsable de communication de l’organisation, Patrice Lovenord Joanel, a souligné que cette démarche s’inscrit dans une tradition de solidarité portée par AYITI-NOU VLE VIV. Selon lui, la Fête des Mères constitue une occasion symbolique non seulement de célébrer les mamans, mais également de reconnaître leur rôle essentiel dans l’équilibre des familles et le développement de la société.
« Nous avons voulu transformer cette journée en un moment de partage et de reconnaissance envers ces femmes qui, malgré les épreuves, continuent de se battre pour leurs enfants et leur avenir », a-t-il déclaré.
Au-delà du caractère festif de l’événement, cette activité a permis de mettre en lumière les conditions extrêmement précaires dans lesquelles vivent plusieurs familles déplacées. Des témoignages recueillis auprès de certaines bénéficiaires font état d’une réalité préoccupante marquée par un accès limité à l’eau potable, l’insuffisance des installations sanitaires, l’insécurité alimentaire ainsi que le manque de ressources destinées à répondre aux besoins essentiels des femmes et des jeunes filles.
Une mère déplacée, âgée d’environ 45 ans et hébergée sur un site de la commune de Delmas, a relaté les nombreuses difficultés auxquelles elle fait face au quotidien. Elle a notamment évoqué l’absence d’espaces adéquats pour l’hygiène personnelle, les conditions de sommeil difficiles ainsi que les obstacles rencontrés par les adolescentes pour accéder à des produits d’hygiène menstruelle.
Face à ces témoignages, les responsables de l’organisation ont exprimé leur préoccupation et réaffirmé leur engagement à poursuivre leurs actions de proximité en faveur des populations affectées par la crise. Ils ont également annoncé leur volonté de renforcer leur présence dans plusieurs sites d’hébergement à travers le pays dans le cadre de futurs programmes de solidarité.
L’activité, marquée par des prestations culturelles, des séances de slam, de musique et des moments de convivialité, a offert aux participantes quelques heures de répit loin des préoccupations quotidiennes. Plusieurs bénéficiaires ont exprimé leur gratitude envers les dirigeants de l’organisation, affirmant que cette initiative leur avait permis de retrouver un sentiment d’espoir et de dignité.
Selon les organisateurs, cette célébration s’est tenue simultanément dans plusieurs départements du pays à travers les structures locales d’AYITI-NOU VLE VIV, témoignant ainsi de la volonté de l’organisation de promouvoir une solidarité active et de maintenir un lien constant avec les communautés les plus touchées par la crise.
À travers cette initiative, AYITI-NOU VLE VIV réaffirme son engagement en faveur des populations les plus vulnérables et rappelle que derrière les statistiques des déplacements forcés se trouvent des femmes, des mères et des familles qui se battent chaque jour pour préserver leur dignité, protéger leurs proches et reconstruire leur avenir dans l’espoir de jours meilleurs.
Jean Valdonel CONSTANT
